La baisse du kérosène offre un répit aux compagnies aériennes en Europe

Un meilleur contrôle des capacités devrait soutenir les tarifs, mais la revalorisation du secteur proviendra surtout de sa concentration accrue
Yves-Marc Le Reour

Pénalisées en Bourse par un environnement économique défavorable aux valeurs cycliques, les compagnies aériennes européennes devraient être en mesure, au cours des prochains mois, de tirer parti des efforts déployés pour ajuster la capacité de leur flotte. Selon les dernières statistiques du cabinet Diio, l’offre de sièges sur les vols intra-européens restera stable au deuxième trimestre en rythme annuel et elle reculera d’environ 1% sur les vols transatlantiques. Sur les trajets long-courriers entre l’Europe et l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique latine, les hausses de capacité devraient être inférieures à 3%. Air France a par exemple réduit au mois de mai de 4,6% sa capacité transatlantique, alors que la baisse du trafic s’est limitée à 3,2% vers ces destinations.

Tablant sur une poursuite de ce phénomène d’ici à la fin de l’été, les analystes de Credit Suisse relèvent que cette tendance «permettra de stabiliser le niveau des tarifs et d’améliorer le taux de remplissage des avions». L’impact favorable sur la rentabilité d’exploitation des compagnies européennes devrait être renforcé par le repli des cours du pétrole. Alors que «le prix du kérosène a reculé de 12% en dollars et de 9% en euros et en livres sterling sur un mois, nous estimons que 50% à 70% des réservations déjà effectuées sur la saison d’été incluent une surcharge carburant qui ne sera pas ajustée à la baisse avant l’hiver», ajoutent-ils. EasyJet a indiqué que ce recul «permettra de compenser ses charges de restructuration». L’effet positif variera en fonction de la politique de couverture de chaque transporteur aérien (voir graphique).

Si une révision à la hausse des bénéfices est susceptible d’entraîner un rebond du secteur, une revalorisation plus durable de son statut boursier dépendra surtout d’une accélération de sa concentration. Outre des cessions non stratégiques attendues chez Air France-KLM et Lufthansa dans la restauration en vol, on notera les déclarations récentes d’IAG, déjà issu de la fusion entre Iberia et British Airways, qui se dit «prêt à saisir des opportunités de consolidation» ou la volonté de Ryanair de prendre le contrôle total d’Aer Lingus. L’entrée en lice de compagnies du Golfe, comme Etihad qui détient déjà 30% d’Air Berlin et 3% d’Aer Lingus, «devrait modifier la configuration des alliances globales du transport aérien dans les douze prochains mois», jugent les analystes de HSBC.

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