KPN nourrit la confusion sur sa stratégie

Un mois après avoir ouvert le processus, l’opérateur néerlandais renonce à vendre sa filiale Base. Il avait déjà échoué à céder l’allemand E-Plus
Olivier Pinaud

KPN est en pleine confusion stratégique. Alors que l’opérateur de télécoms néerlandais avait lancé mi-juillet la cession de sa filiale belge Base notamment pour accélérer son désendettement, le groupe a finalement annulé le processus de vente. En raison de «conditions de marché difficiles», KPN explique n’avoir reçu que «des offres non contraignantes, peu satisfaisantes» et qui «n’ont pas pris en compte la position et les perspectives solides de Base». La valeur estimée de l’opérateur belge était d’environ 1,8 milliard d’euros. Plusieurs fonds d’investissement ainsi que deux industriels, Telenet et Persgroep, se sont intéressés à Base.

L’arrêt soudain du processus ravive les interrogations sur la stratégie de KPN. Alors que la vente ou la fusion de sa filiale allemande E-Plus a également échoué, KPN va devoir trouver d’autres moyens pour assurer son désendettement. D’autant qu’il a besoin de fonds pour participer aux prochaines enchères portant sur les licences mobiles de quatrième génération aux Pays-Bas. Il a déjà coupé dans le dividende qu’il compte verser au titre de 2012, pour le réduire à 0,35 euro par action contre 0,9 euro annoncé initialement et 0,85 euro versé pour 2011, ce qui lui permettra d'économiser 780 millions d’euros. Fin juin, le groupe ne respectait pas son objectif de ratio de dette nette sur Ebitda de 2 à 2,5, avec un niveau de 2,6. «KPN doit maintenant passer en revue ses options pour que son endettement reste maîtrisé. Ce n’est pas forcément le sujet de 2012, mais ce le sera certainement en 2013 et 2014», estime Damien Chew, analyste crédit chez Fitch Ratings. Un porte-parole de KPN a assuré que le groupe n’envisageait ni une nouvelle baisse de son dividende ni une émission de titres.

Cette réflexion sur la structure financière, voire sur le périmètre du groupe, se fera sous l’«amicale» pression d’America Movil, le groupe du milliardaire mexicain Carlos Slim, devenu après une OPA partielle le premier actionnaire de KPN avec 27,7% du capital. En juillet, la direction de KPN jugeait «constructif» le dialogue avec America Movil. Ce dernier avait suggéré qu’il préférait que l’opérateur néerlandais conserve ses activités en Belgique et en Allemagne. La direction de KPN lui a donné satisfaction.

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