KPN lance sa troisième augmentation de capital depuis 2000
La levée de fonds de 3 milliards d’euros est ouverte depuis hier. Suivie par America Movil, elle permettra de ramener la dette à 2,2 fois l’Ebitda
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Olivier Pinaud
KPN va retrouver un profil de crédit plus présentable. Malmené par le ralentissement de son activité et contraint de débourser 1,35 milliard d’euros pour se payer de nouvelles licences mobiles dans son pays, l’opérateur de télécoms néerlandais a lancé hier son augmentation de capital. Celle-ci doit lui permettre de lever 3 milliards d’euros.
Après l’opération, sa dette nette ne représentera plus que 2,2 fois son Ebitda, contre 2,8 fois auparavant et même 3 fois sans compter les 1,5 milliard d’euros de dette hybride émis en mars. L’augmentation de capital est coordonnée par Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan, avec le soutien à différents rangs de dix banques supplémentaires.
Les actionnaires bénéficient de droits préférentiels de souscription (DPS), à raison d’un droit pour une action détenue. Chaque DPS donne la possibilité de souscrire à deux actions nouvelles, au prix unitaire de 1,06 euro. Ex DPS, la décote ressort à 35,1% par rapport au cours de clôture du 24 avril, un niveau proche de la moyenne pour ce type d’opération. L’an dernier, PSA Peugeot Citroën avait émis ses nouveaux titres avec une décote de 32%.
L’opérateur mexicain America Movil, entré l’an dernier par irruption au capital, participe à hauteur de sa participation de 29,77%. En échange, le groupe de l’homme d’affaires Carlos Slim bénéficiera de deux sièges au conseil d’administration de KPN.
Cette augmentation de capital est la troisième de l’opérateur néerlandais depuis 2000. KPN avait mis ses actionnaires à contribution fin 2000 et fin 2001, à l’époque où le secteur devait purger la bulle de la fin des années 90 et payer les licences 3G acquises à prix d’or. La situation actuelle est différente. Les opérateurs de télécoms sont nettement moins endettés qu’il y a quinze ans, avec des ratios dette nette sur Ebitda inférieurs à 3, contre des niveaux dépassant les 7 observés au début.
Toutefois, les analystes de Morgan Stanley rappelaient récemment qu’à l’époque, les opérateurs pouvaient aussi jouer sur leur niveau d’investissement pour réduire leur dette. Depuis, le ratio investissement sur chiffre d’affaires est tombé à un plancher de 14% environ, contre 17% à 26% il y a dix ans, ce qui limite la marge de manœuvre des opérateurs. Telefonica et Telecom Italia dans une moindre mesure, cherchent depuis quelques mois de nouveaux moyens pour réduire leur dette.
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