KPN déprécie de 529 millions d’euros la valeur de ses actifs en Allemagne

Recentré sur le marché belgo-néerlandais, l’opérateur télécoms table sur un repli significatif et durable de son intensité capitalistique
Yves-Marc Le Reour

Après l’échec du projet d’OPA émanant d’America Movil, KPN tire les conséquences de la mise en œuvre de sa politique de recentrage. La cession prochaine de sa filiale allemande E-Plus à Telefonica pour un montant total de 8,55 milliards d’euros a conduit l’opérateur néerlandais à déprécier au troisième trimestre de 529 millions d’euros la valeur de ses actifs outre-Rhin, occasionnant une perte nette de 243 millions d’euros sur la période, contre un bénéfice net part du groupe de 267 millions affiché un an plus tôt.

Si l’endettement net de KPN est resté quasiment stable à 9,6 milliards d’un trimestre sur l’autre, son ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation au 30 septembre aurait été ramené à 1,5 fois en excluant E-Plus, contre 2,4 fois dans son périmètre actuel. Son désengagement quasi-total d’Allemagne va par ailleurs entraîner une forte réduction de ses investissements industriels, ramenés à «moins de 1,7 milliard d’euros » pour l’ensemble de l’exercice sur la base de son nouveau périmètre, contre «moins de 2,3 milliards» auparavant attendus en incluant E-Plus.

Mais en annonçant un budget d’investissement de seulement 4,7 milliards sur la période 2013-2015, KPN table également sur une baisse prolongée de son intensité capitalistique par rapport à des investissements qui représentaient 17,3% de son chiffre d’affaires en 2012. «Les investissements dans les réseaux fixes et mobiles aux Pays-Bas ces dernières années ont été élevés, particulièrement comparés à ceux des concurrents», explique le groupe. Il prévoit d’avoir terminé le déploiement de la technologie mobile de quatrième génération (4G) sur l’ensemble du territoire néerlandais au premier trimestre 2014, contre un taux de couverture d’environ 60% atteint fin septembre.

Si la concurrence reste forte dans le mobile, l’opérateur batave a constaté un retour à la croissance de son activité de téléphonie fixe sur son marché domestique résidentiel au troisième trimestre. Il anticipe «une stabilisation globale» de son chiffre d’affaires au Pays-Bas l’an prochain, accompagné d’un gain de part de marché en Belgique.

Une plus grande marge de manœuvre financière devrait également lui permettre de recommencer à verser un dividende en 2014, en supposant que la cession de E-Plus ait reçu l’ensemble des autorisations réglementaires d’ici à l’été prochain.

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