KPN aura du mal à échapper à une augmentation de capital

Les enchères pour la 4G aux Pays-Bas ont envoyé la dette de l’opérateur au-delà des limites, l’obligeant à couper dans son dividende
Olivier Pinaud

La suppression pure et simple du solde du dividende pour 2012, et une profonde entaille dans celui promis pour 2013, ne suffisent pas à lever les craintes d’une possible augmentation de capital de KPN. Malgré les économies sur le dividende estimées à plus de 1,5 milliard d’euros en deux ans, l’opérateur de télécoms néerlandais affiche un niveau de dette qui pourrait bien lui valoir une dégradation en catégorie spéculative dans les prochains mois. Une perspective qui aurait un coût important pour un groupe qui doit refinancer chaque année 1 milliard d’euros d'échéances.

Si elles ont renfloué pour 3,8 milliards d’euros le trésor public néerlandais, soit une somme plus de deux fois supérieure aux pronostics, les enchères pour l’attribution des licences de téléphonie mobile de quatrième génération ont asséché les ressources de KPN. A lui seul, le premier opérateur du pays va débourser 1,35 milliard d’euros, soit 1 milliard d’euros de plus que ce qu’attendaient par exemple les analystes de Citigroup. Ce surcoût représente 14% de la capitalisation boursière de l’opérateur. Conséquence, en plus des dépenses imprévues cette année, sa dette nette va culminer à près de 2,9 fois l’Ebitda à la fin de l’exercice, bien au-dessus de la limite de 2,5 fois fixée par le groupe.

Les analystes d’Exane s’inquiètent d’autant plus de l’envolée de cette dette qu’elle s’accompagne d’une érosion marquée de l’Ebitda (-12% estimé en 2012) avec le risque d’une dégradation plus forte encore dans les prochains mois. Grâce aux enchères pour la 4G, Tele2 va pouvoir devenir le quatrième opérateur mobile du pays. Or, en France, l’arrivée du numéro 4 sur le marché, Free Mobile, a amputé en un an le revenu moyen par abonné du secteur de 20%.

Selon les analystes de Raymond James, KPN n’a pas beaucoup d’options pour échapper à une augmentation de capital sinon céder des actifs. La vente de son opérateur en Belgique, Base, ou un partenariat en Allemagne avec un concurrent, deux possibilités explorées sans suite il y a quelques mois, pourraient ainsi être relancés.

Ces cessions pourraient permettre de refinancer plus aisément la dette, Citigroup rappelant que compte tenu des conditions favorables régnant actuellement sur le marché du crédit, des groupes comme Portugal Telecom et le grec OTE ont réussi à émettre des obligations malgré les difficultés de leurs pays.

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