Kingfisher et Mr Bricolage resteront indépendants
Kingfisher et Mr Bricolage constatent mutuellement l’échec de leur rapprochement. Hier matin, le groupe britannique a rappelé que l’accord du 23 juillet 2014, par lequel les propriétaires de magasins Mr Bricolage (ANPF) et la famille Tabur s’engageaient à apporter leurs titres, respectivement 41,9% et 26,3% du capital, devenait caduc aujourd’hui 31 mars 2015, si le feu vert de l’Autorité de la concurrence n’était pas accordé.
Kingfisher souligne qu’une extension de ce délai aurait pu être obtenue en accord avec toutes les parties, mais il ne peut faire fi de la décision de l’ANPF, annoncée vendredi soir, de «ne pas accepter un éventuel report». Le groupe britannique constate l’échec de cette opération, mais précise «regarder toutes ses options». Entre les lignes, Kingfisher serait prêt à attaquer en justice Mr Bricolage. En attendant, le marché semble satisfait de cet abandon, le titre reprenant 1,96% à Londres après quatre séances de baisse.
Fort du même constat, Mr Bricolage «prend acte» que le rapprochement envisagé «ne sera pas réalisé». Désormais, «notre avenir est entre nos mains et je suis certain que nous saurons transformer cette déception en un succès», assure Jean-François Boucher, PDG de Mr Bricolage.
Le rapprochement semblait suivre son cours normalement jusqu’au moment du dépôt du dossier par Kingfisher devant l’Autorité de la concurrence le 26 janvier 2015. Selon Mr Bricolage, les remèdes proposés par le groupe britannique auraient été très au-delà de ceux prévus initialement avec sa cible. Mr Bricolage confirmait hier à L’Agefi, la proposition de cession de 60 magasins. En l’absence de consensus sur ce périmètre, l’accord ne peut aboutir. D’autant que Kingfisher n’aurait pas agréé une autre liste de magasins à céder, proposée par Mr Bricolage, impliquant davantage de magasins français du groupe britannique. Mr Bricolage dispose d’un parc de 797 magasins en France, et Kingfisher de 230. En outre, l’Autorité de la concurrence aurait refusé l’affiliation automatique aux magasins quittant le périmètre du groupe, solution que proposait Mr Bricolage pour permettre aux entités vendues de continuer à bénéficier des conditions d’achat du groupe.
La famille Tabur, qui ne s’était pas opposée aux propositions de Kingfisher, subit cet échec de plein fouet. D’autant que le titre, suspendu depuis le 20 mars, devrait reculer lors de sa reprise de cotation, ce matin.
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