Kabel Deutschland contourne le marché européen pour refinancer sa dette
Kabel Deutschland a été contraint de contourner le marché européen pour se refinancer en dollars. L’opérateur allemand de «triple play» (télévision câblée, internet et téléphonie fixe), noté BB par Fitch, Ba2 par Moody’s et BB- par S&P, a annoncé son intention de lever 500 millions d’euros sur le marché de la dette senior, mais en dollars plutôt qu’en euros. Une stratégie payante puisque la société concurrente de Deutsche Telekom et de Vodafone a annoncé hier son intention de porter à 750 millions le montant levé sur la tranche senior de son prêt dont la maturité est fixée au 1er février 2019.
Dans la foulée, Kabel Deutschland a demandé à ses créanciers d’allonger la durée de ses emprunts actuels de trois ans. Goldman Sachs, BNP Paribas, Deutsche Bank, JP Morgan, Morgan Stanley et RBS ont été mandatées pour gérer cette extension de maturité, alors que les prêteurs ont jusqu’au 1er février pour rendre leur décision finale.
Illustrant la difficulté de trouver des financements en euros, les analystes de S&P Capital IQ indiquent même qu'«une partie de la demande pourrait émaner de CLO européens cherchant à utiliser leurs paniers en dollars». Apollo avait déjà décidé de financer le rachat pour 1,1 milliard de dollars du fabricant de produits chimiques américain Taminco en titres exclusivement libellés en dollars.
Le but affiché est de contourner le financement en euros qui est devenu plus coûteux et plus risqué, en s’appuyant sur la profondeur du marché américain. Et S&P Capital IQ d’ajouter que ces opérations «vont conduire à des remboursements supérieurs aux réinvestissements sur les comptes européens».
L’opérateur n’a néanmoins pas fermé la porte à l’idée de réaliser une partie du financement en euros si les investisseurs y trouvent un intérêt. Le montant resterait néanmoins limité à 100 millions d’euros. Avec une dette nette de 2,85 milliards d’euros à fin septembre 2011, le groupe s’était engagé dans un programme de refinancement de sa dette en euros à hauteur de 800 millions pour réduire le montant de ses intérêts, ce qui devait lui permettre de dégager un bénéfice net et de verser un dividende au titre de l’année 2011.
Quelques mois plus tard, la société a été contrainte de réduire ses objectifs de ventes en raison d’une érosion de son chiffre d’affaires notamment sur le segment de la téléphonie.
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