Jana Partners incite Qualcomm à scinder ses activités de semi-conducteurs
Dans une lettre adressée hier aux investisseurs, Jana Partners incite Qualcomm à scinder ses activités de semi-conducteurs, jugées à l’heure actuelle «essentiellement sans valeur», afin de «restaurer la confiance des investisseurs» dans l’entreprise. Dirigé par l’investisseur activiste Barry Rosenstein, le fonds d’arbitrage précise avoir investi 2 milliards de dollars au capital du groupe américain pour en devenir l’un des principaux actionnaires.
Jana Partners est également engagé depuis quelques mois dans un «dialogue constructif» avec l’entreprise au sujet des mesures susceptibles de sortir l’action d’une longue période de sous-performance. Après un repli de 9% du titre en un an, la capitalisation boursière du groupe ressortait lundi soir à un peu plus de 114 milliards de dollars.
Si l’essentiel du chiffre d’affaires de Qualcomm provient de la vente de puces destinées aux terminaux mobiles, la majeure partie de son bénéfice est tirée de redevances payées par les fabricants de smartphones sur ses brevets utilisant la technologie CDMA, très répandue aux Etats-Unis. «Nous pensons que le conseil d’administration et la direction reconnaissent la nécessité de s’attaquer à cette sous-performance historique et d’améliorer la perception qu’ont les investisseurs de l’entreprise», écrit Jana. Il demande également au groupe de réduire ses coûts, d’accélérer ses rachats d’actions, d’améliorer sa communication financière et de renouveler son conseil d’administration.
Qualcomm a réagi en portant de 15 à 25 milliards de dollars le programme de rachat d’actions annoncé le mois dernier. Dans son communiqué, le groupe se dit «fermement attaché à la poursuite d’un dialogue actif avec tous les actionnaires». Il a aussi réitéré son engagement d’augmenter son dividende trimestriel et de distribuer chaque année aux actionnaires au moins 75% de son cash-flow libre.
Selon le fonds d’arbitrage, la séparation des deux activités ferait par ailleurs de Qualcomm une cible plus tentante. Il relève que «les entreprises du secteur des semi-conducteurs sont récompensées pour les opérations de fusion-acquisition, plusieurs grandes transactions récentes ayant surperformé le marché de manière significative et ces accords centrés sur la consolidation industrielle ou les synergies entraînent des retours encore plus importants sur investissements».
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