Italcementi devra supporter une hausse du coût de sa dette obligataire

La rétrogradation du groupe en catégorie spéculative par Moody’s aura un impact négatif avant impôts de 7 millions d’euros sur l’exercice 2012
Yves-Marc Le Reour

Mise sous surveillance par Moody’s le mois dernier, la note de crédit à long terme d’Italcementi est désormais considérée comme spéculative par l’agence de crédit qui l’a rétrogradée au même niveau que celle de son concurrent Lafarge, soit Ba1 contre Baa3 auparavant. Cette décision s’applique également à la note attribuée aux filiales Ciments Français et Italcementi Finance qui portent respectivement 39% et 28,4% d’une dette financière brute consolidée de près de 3 milliards d’euros à fin septembre. Le groupe italien reste en catégorie investissement (BBB-) chez S&P, mais avec une perspective négative.

La rétrogradation de Moody’s «entraînera un renchérissement de 1,25% du coupon annuel payé sur notre souche obligataire à échéance 2020 (…) avec un impact direct sur nos comptes 2012 d’environ 7 millions d’euros avant impôts», a fait savoir le directeur financier d’Italcementi Giovanni Maggiora. Emise en mars 2010, cette souche de 750 millions d’euros prévoyait un coupon annuel initial de 5,38%. Le directeur financier ajoute que la stratégie de financement du groupe «s’adaptera à ce nouvel environnement, en laissant inchangée son approche à long terme des marchés bancaires et de capitaux».

La perspective négative attribuée par Moody’s à la nouvelle note d’Italcementi est due à l’orientation défavorable de la demande attendue sur ses principaux marchés en 2012, ce qui devrait encore amoindrir «sa capacité à répercuter dans les prix de vente la hausse de ses coûts fixes et variables». Les économies de coûts de 160 millions d’euros engagées sur 2 ans, dont les effets positifs devraient se matérialiser aux deux tiers l’an prochain, ne sont pas jugées suffisantes pour améliorer ses ratios de crédit «dans les 18 à 24 prochains mois». Alors qu’un relèvement de sa note nécessiterait le maintien d’un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation de 3,5 fois, celui-ci devrait être tout juste inférieur à 5 à fin 2011, selon l’agence.

Moody’s relève cependant un profil de liquidité solide, avec une trésorerie brute de 691 millions d’euros plus 1,9 milliard de lignes de crédit revolving disponibles au 30 septembre dernier, ce qui lui permet de faire face à 3 années d’échéances de dette. La maturité moyenne de la dette brute s’élève à 4,5 ans, la prochaine échéance significative (275 millions d’euros) n’étant pas exigible avant le dernier trimestre 2012.

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