Ipsen muscle ses capacités de recherche neurologique
Ipsen fait coup double dans la recherche neurologique. Conseillé par Lazard et par les cabinets d’avocats Freshfields Bruckhaus Deringer et Bristows, le groupe pharmaceutique français a annoncé le 15 juillet le rachat de la société britannique Syntaxin, spécialisée dans l’ingénierie des toxines botuliques. Il a signé en parallèle un accord de collaboration avec le bureau de développement technologique de l’Université de Harvard, toujours dans ce domaine. La toxine botulique, connue pour ses effets contre les rides, peut permettre aussi de traiter des troubles moteurs en bloquant l’activité neuromusculaire au niveau des terminaisons nerveuses et en réduisant les spasmes musculaires.
Syntaxin possède un portefeuille de 75 brevets délivrés et de plus de 130 brevets en cours d’examen, dont un produit actuellement en phase II d’essais cliniques. Son rachat pourrait potentiellement coûter 158 millions d’euros à Ipsen. Le prix se décompose en un paiement cash de 28 millions et en des versements ultérieurs qui pourront atteindre jusqu’à 130 millions d’euros.
«Le cash-burn de la société cible, et donc l’impact sur les bénéfices par action (BPA) d’Ipsen à court terme, n’est pas très conséquent, soulignent les analystes de Gilbert Dupont. D’autant que le projet en phase II fait l’objet d’un partenariat avec Allergan, qui prend en charge la R&D afférente et s’est engagé à verser des redevances une fois le produit mis sur le marché, et que le reste du portefeuille de R&D semble très early stage», c’est-à-dire en phase de démarrage. L’action Ipsen, en hausse de près de 32% depuis le début de l’année, n’a quasiment pas réagi à la nouvelle.
Ipsen et Syntaxin se connaissent bien. Le groupe français détenait déjà 10% du capital de la société britannique sur une base pleinement diluée, et avait déjà conclu avec elle un partenariat en 2011. Il espère intégrer entièrement Syntaxin d’ici à la fin de l’année.
L’accord avec le bureau de développement technologique Harvard, lui, prévoit qu’Ipsen en finance pendant trois ans la recherche afin de découvrir de nouvelles toxines botuliques. Le groupe se verra octroyer les droits exclusifs sur toute toxine issue de cette collaboration, en versant des redevances.
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