Invesco Perpetual, premier actionnaire de BAE, s’oppose à la fusion avec EADS
Dans un communiqué diffusé lundi, Invesco Perpetual, qui dit détenir 13,3% des actions ordinaires de BAE, juge qu’un rapprochement avec EADS, une opération évaluée à 35 milliards d’euros, aurait un impact négatif sur les positions de BAE Systems aux Etats-Unis, où le groupe a accès à des contrats jugés sensibles en matière de sécurité. Le premier actionnaire de BAE Systems a dressé une longue liste d’objections à la fusion du groupe de défense britannique avec EADS, citant notamment des craintes d’ingérence des Etats ou encore une absence de pertinence stratégique de l’opération.
«Invesco considère que BAE dispose de solides activités avec des positions bien établies sur le marché de la défense mondial, notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Ses perspectives en tant qu’entité indépendante sont bonnes, souligne le gérant d’actifs. Nous nous préparons à des discussions avec le conseil de BAE et avec d’autres actionnaires de BAE dans les jours à venir».
Le communiqué d’Invesco Perpetual, décrit par certains analystes interrogés par Reuters comme une entreprise de démolition méthodique des options stratégiques visées par l’opération, survient deux jours avant une date butoir imposée aux deux groupes par la législation boursière britannique pour qu’ils livrent les détails de leur projet. «Ils détiennent 13,3%, il faut 25% pour le bloquer (le projet), a cependant souligné Edward Stacey, analyste d’Espirito Santo. Cela ne détruit pas l’accord et cela ne signifie pas qu’ils pourraient ne pas changer d’avis si l’intérêt de l’accord leur était démontré, mais c’est un désaveu.»
Le communiqué intervient également dans un contexte de tensions entre Paris, Berlin et Londres sur la place à accorder aux trois Etats dans le groupe combiné. Dimanche, le secrétaire britannique à la Défense a dit que Londres opposerait son veto au projet de fusion entre EADS et BAE Systems s’il ne répond pas à certaines priorités non négociables.
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