Intel confirme investir 33 milliards d’euros en Europe

Intel, groupe de semi-conducteurs, microprocesseurs, puces
Intel, groupe de semi-conducteurs, microprocesseurs, puces  -  Crédit Intel.

Intel a dévoilé ce mardi les détails de son plan d’investissement très attendu pour l’Europe. Le fabricant américain de semi-conducteurs s’apprête à débourser 33 milliards d’euros dans un premier temps, et 80 milliards sur dix ans.

Le directeur général d’Intel, Pat Gelsinger, a indiqué que le groupe avait choisi la ville de Magdebourg, en Allemagne, pour construire une usine de fabrication de semi-conducteurs parmi les plus vastes et les plus modernes du Vieux continent. La société prévoit de débloquer une première enveloppe de 17 milliards d’euros pour cette installation. Quelque 7.000 emplois y seront créés pour la construction de l’usine, tandis que 3.000 salariés d’Intel y travailleront à terme. Le chantier devrait commencer en 2024 pour une première production en 2027. L’usine fabriquera des processeurs de moins de 7 nanomètres.

Le groupe va aussi dépenser 12 milliards pour agrandir son usine en Irlande, et 4,5 milliards en Italie pour un autre site dédié à la finition et de préparation à l’expédition chez les clients.

En guise de consolation, la France trouve sa place dans le dispositif de l’américain. Intel a confirmé l’installation de son centre européen de recherche et développement sur le plateau de Saclay. Le montant de l’investissement n’a pas été précisé. 1.000 emplois très qualifiés devraient être créés à terme, dont 400 avant 2024.

L’Europe casse sa tirelire

Ces annonces spectaculaires constituent la première grosse prise de l’Europe dans la course aux investissements pour les semi-conducteurs. Alors que la pandémie a entraîné des ruptures d’approvisionnement et démontré l’importance de cette industrie, l’Union européenne a mis les bouchées doubles pour retrouver une forme de souveraineté économique. Début février, la Commission européenne a présenté un ambitieux plan, le Chips Act, visant à faire de l’Europe un «acteur central de la chaîne de valeur mondiale» des semi-conducteurs. L’objectif est de doubler la part de marché mondiale du Vieux continent, à 20%, ce qui la ramènerait à son niveau d’il y a trente ans.

Le plan de Bruxelles prévoit 43 milliards d’euros d’aides issus de la poche des Etats et des différents plans de soutien, dont 12 milliards pour la recherche et 30 milliards pour les aides aux industriels. Pour attirer Intel, l’Union européenne a donc promis de casser sa tirelire. Evoquant sa future usine en Allemagne, Pat Gelsinger a indiqué qu’un «soutien financier [était] nécessaire pour rendre le projet concurrentiel». Le montant des subventions est toujours en négociation, mais pourrait représenter jusqu'à 50% de l’investissement total.

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