Ineos obtient l’accord de ses prêteurs pour sa restructuration
Le chimiste britannique Ineos Group Holdings va pouvoir se réorganiser après avoir reçu l’approbation de ses banques prêteuses. Il va ainsi pouvoir créer deux sociétés holdings au Luxembourg et deux autres en Suisse, pour chapeauter ses entités opérationnelles.
Les banques avaient jusqu’au 22 décembre pour donner leur accord. Le délai initial courait jusqu’au 16 décembre avant d’être prolongé jusqu’au 23 décembre. Pour convaincre ses prêteurs, Ineos a dû accepter de payer une commission 25 points de base de plus début mai 2011 ou de rembourser pour 100 millions d’euros d’emprunts seniors. Cette rémunération supplémentaire s’applique sur le refinancement annoncé en mars.
Mi-avril, Ineos Group Ltd avait annoncé qu’il rembourserait au moins 500 millions d’euros de prêts fin 2012. Les prêts existants stipulent un rachat de 700 millions d’euros de prêts seniors en juillet 2011, assortis d’une pénalité d’au moins 50 points de base en l’absence de paiement par anticipation avant 2012. Ineos avait alors également accepté de relever la rémunération de 50 à 75 points de base. Fin septembre, Ineos Group Holdings affichait une dette nette de 7 milliards d’euros, soit un levier d’environ 4,3 fois.
L’annonce d’hier intervient un mois après le changement effectif de siège, de Lyndhurst, au Royaume-Uni à Rolle, en Suisse. Dès le mois de mars 2010, Ineos Group Holdings avait confirmé son intention de déménager son siège fiscal du Royaume-Uni en Suisse, dans la perspective des modifications fiscales attendues en Grande-Bretagne, qui engendreraient des niveaux «significatifs» d’impôts supplémentaires.
Le chimiste évalue à 450 millions d’euros le potentiel d’économies d’impôts d’ici à 2014. L’argent ainsi préservé pourrait être alors consacré aux investissements technologiques, élément critique pour la croissance future et l’avantage concurrentiel du groupe. «Nous avons le devoir de nous assurer de demeurer concurrentiels à long terme dans un marché mondial, expliquait en avril dernier, Tom Crotty, directeur général d’Ineos. Beaucoup de grandes entreprises chimiques européennes ou mondiales résident en Suisse et nous avons besoin de les concurrencer efficacement».
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