Imerys se concentre sur sa croissance organique et met l’accent sur la R&D
Imerys a tenu ses engagements. Le groupe de matériaux de spécialités a dévoilé hier soir des résultats 2011 en ligne avec les estimations dévoilées le mois dernier : une hausse de 9,8% du chiffre d’affaires à 3,67 milliards d’euros, pour un résultat opérationnel courant de 487 millions (15,5%) – soit une marge de 13,3% (+0,7 point) – et un bond de 25,3% du résultat net courant à 303 millions. Le dividende progresse d’autant à 1,50 euro, soit un rendement de 3,6% au cours actuel.
Pour l’heure, Gilles Michel, PDG d’Imerys, confie ne pas constater de ralentissement, hormis pour le papier (20% du chiffre d’affaires), dont les ventes ont reculé de plus de 6% au quatrième trimestre. Toutefois, «la visibilité demeure faible», poursuit Gilles Michel, refusant de donner des perspectives chiffrées pour 2012. Imerys mise sur les premiers signes de reprise aux Etats-Unis, sur la croissance des émergents (de 5 à 7%), et sur les nouveaux relais de croissance : les talcs Luzenac, intégrés seulement sur cinq mois en 2011, et les agents de soutènement pour l’exploration pétrolière non conventionnelle, secteur en plein développement aux Etats-Unis.
Au-delà de ces chiffres, Imerys se focalise sur son plan «Ambition 2012-2016» présenté en janvier. Le groupe se fixe pour priorité d’accélérer sa croissance organique (au moins supérieure à celle du PIB mondial), après les +8% de 2011, en se fondant sur sa nouvelle structure de ventes. D’une part, 27% du chiffre d’affaires de l’an dernier a été réalisé dans les émergents (pour 48% eu Europe de l’Ouest et 20% en Amérique du Nord). D’autre part, plus de 20% des ventes proviennent des secteurs à fort potentiel de croissance. En effet, la croissance interne, qui devra apporter 700 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnel d’ici à 2016, sera tirée par l’innovation. En 2012, 60 millions d’euros seront consacrés à la R&D, soit 1,5% du chiffre d’affaires, contre 1% auparavant.
La croissance externe, sélective, ne sera pas oubliée. Imerys ne se fixe pas d’enveloppe pour ses acquisitions mais a la flexibilité financière nécessaire, sans compter 1,3 milliard de ressources disponibles non tirées. Avec une dette nette de 1 milliard d’euro, le groupe affichait fin 2011 un ratio d’endettement de 47% et un ratio dette nette sur Ebitda de 1,5, pour des covenants bancaires respectivement de 150% et 3,75, ce qui lui laisse de la marge.
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