Iberdrola fait les frais de la politique nationaliste de la Bolivie
Après Repsol en Argentine, c’est Iberdrola qui fait les frais de la politique nationaliste de la Bolivie. Le président bolivien Evo Morales a annoncé samedi la nationalisation par décret des compagnies d'électricité Electropaz installée à La Paz et Elfeo située à Oruro, toutes deux appartenant au géant espagnol. Sa société d’investissement Cadeb et Edeser, son fournisseur de services, ont subi le même sort. Nous «avons été contraints de prendre cette mesure» pour assurer que les prix de l'électricité restent «équitables», s’est expliqué Evo Morales.
La Paz a certes précisé qu’Iberdrola serait dédommagé à un juste prix établi par une commission indépendante dans les 180 prochains jours. Mais, échaudé par l’affaire Repsol à qui l’Argentine se refuse à payer la part nationalisée, Madrid a réagi en indiquant espérer obtenir la valeur réelle des participations détenues par Iberdrola dans ses quatre filiales expropriées. Iberdrola possède 63,4% de la société Iberbolivia de Inversiones, qui détient 89,5% de Electropaz et 92,8% de Elfeo. Citant des sources de marchés, la presse espagnole estime la valeur de la participation d’Iberdrola dans ces entreprises à 100 millions de dollars.
Et Madrid de rappeler que la sécurité juridique est une exigence indispensable pour tout investissement étranger en Bolivie. Reste que depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006, Evo Morales a déjà nationalisé les richesses pétrolières du pays, des fonderies, ainsi que des compagnies d'électricité, expropriant des groupes internationaux comme Repsol, Petrobras et Total, ou encore l’italien ETI dans les télécommunications, ainsi que le français GDF Suez et le britannique Rurelec dans l’approvisionnement énergétique.
Iberdrola a annoncé lundi la vente de ses parcs éoliens terrestres en France à un consortium comprenant General Electric qui détiendra 40% des actifs cédés, EDF Energies nouvelles qui en détiendra 20% et à une coentreprise de Munich RE qui aura les 40% restants, pour environ 400 millions d’euros. Le groupe avait également annoncé vendredi la cession de sa participation de 20% dans le gazoduc Medgaz, détenu par le groupe pétrolier espagnol Cepsa et l’entreprise publique algérienne Sonatrach, au belge Fluxys pour 146 millions. Iberdrola s’est engagé à ramener sa dette de 32 milliards d’euros à 26 milliards d’ici 2014 afin de ne pas être relégué en catégorie spéculative.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs