Iberdrola fait les frais de la politique nationaliste de la Bolivie

Le président bolivien a annoncé par décret la nationalisation de quatre filiales locales du géant espagnol, d’une valeur de 100 millions de dollars
Patrick Aussannaire

Après Repsol en Argentine, c’est Iberdrola qui fait les frais de la politique nationaliste de la Bolivie. Le président bolivien Evo Morales a annoncé samedi la nationalisation par décret des compagnies d'électricité Electropaz installée à La Paz et Elfeo située à Oruro, toutes deux appartenant au géant espagnol. Sa société d’investissement Cadeb et Edeser, son fournisseur de services, ont subi le même sort. Nous «avons été contraints de prendre cette mesure» pour assurer que les prix de l'électricité restent «équitables», s’est expliqué Evo Morales.

La Paz a certes précisé qu’Iberdrola serait dédommagé à un juste prix établi par une commission indépendante dans les 180 prochains jours. Mais, échaudé par l’affaire Repsol à qui l’Argentine se refuse à payer la part nationalisée, Madrid a réagi en indiquant espérer obtenir la valeur réelle des participations détenues par Iberdrola dans ses quatre filiales expropriées. Iberdrola possède 63,4% de la société Iberbolivia de Inversiones, qui détient 89,5% de Electropaz et 92,8% de Elfeo. Citant des sources de marchés, la presse espagnole estime la valeur de la participation d’Iberdrola dans ces entreprises à 100 millions de dollars.

Et Madrid de rappeler que la sécurité juridique est une exigence indispensable pour tout investissement étranger en Bolivie. Reste que depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006, Evo Morales a déjà nationalisé les richesses pétrolières du pays, des fonderies, ainsi que des compagnies d'électricité, expropriant des groupes internationaux comme Repsol, Petrobras et Total, ou encore l’italien ETI dans les télécommunications, ainsi que le français GDF Suez et le britannique Rurelec dans l’approvisionnement énergétique.

Iberdrola a annoncé lundi la vente de ses parcs éoliens terrestres en France à un consortium comprenant General Electric qui détiendra 40% des actifs cédés, EDF Energies nouvelles qui en détiendra 20% et à une coentreprise de Munich RE qui aura les 40% restants, pour environ 400 millions d’euros. Le groupe avait également annoncé vendredi la cession de sa participation de 20% dans le gazoduc Medgaz, détenu par le groupe pétrolier espagnol Cepsa et l’entreprise publique algérienne Sonatrach, au belge Fluxys pour 146 millions. Iberdrola s’est engagé à ramener sa dette de 32 milliards d’euros à 26 milliards d’ici 2014 afin de ne pas être relégué en catégorie spéculative.

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