Huawei entend poursuivre à marche forcée sa croissance mondiale
Huawei conserve intact son appétit de croissance. A en croire les résultats 2013 non audités publiés hier par l’équipementier télécoms chinois, son chiffre d’affaires a progressé l’an dernier de 8% environ pour se situer entre 238 et 240 milliards de yuans (jusqu’à 29,2 milliards d’euros), pour un résultat opérationnel bondissant de plus de 40% (de 28,6 à 29,4 milliards).
Sur fond de retard de mise en œuvre de la 4G en Chine ou d’opposition politique aux Etats-Unis, le groupe de Shenzhen n’a pourtant pas respecté son objectif d’une hausse annuelle des ventes de 10% entre 2013 et 2017. Ce sera chose faite dès cette année, selon la directrice financière et fille du fondateur du groupe en 1987, Cathy Meng.
La dirigeante compte sur la poursuite de la vive progression des ventes de smartphones (52 millions d’unités en 2013), pour lesquels Huawei s’est hissé au trimestre écoulé au troisième rang mondial (5,1% selon Strategy Analytics), certes loin encore derrière Samsung (35,2%) et Apple (13,4%). Les ventes du pôle électronique grand public ont ainsi progressé de 13,2% pour représenter 23% de l’ensemble du groupe. Mais si la croissance est sensible en Europe et surtout en Chine, le consommateur américain reste réticent, sur fond d’accusations d’espionnage de Pékin par le biais de Huawei.
Cette méfiance s’est muée en opposition politique sur le front des réseaux télécoms, le groupe chinois étant privé d’activité dans le pays, tout comme en Australie, alors qu’il est sous surveillance de la part des autorités européennes au même titre que son concurrent chinois ZTE. De quoi limiter à 4,1% la hausse des facturations en 2013 sur ce pôle d’activité (70% des ventes du groupe), pour lequel Huawei est tout de même numéro deux mondial derrière le suédois Ericsson. Cela grâce à une politique agressive de tarification face notamment à Alcatel-Lucent ou Cisco.
La récente allocation de licences 4G aux trois principaux opérateurs chinois devrait permettre de dynamiser l’activité cette année, alors que le potentiel de déploiement de la 4G dans le monde reste important selon Cathy Meng. En attendant la 5G pour laquelle les investissements ont déjà débuté. La dirigeante souligne d’ailleurs que le groupe consacre depuis plus de dix ans plus de 10% de son chiffre d’affaires à la recherche et développement (14% en 2013).
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