Hochtief règle son problème de dette en cédant enfin ses aéroports
La persévérance a fini par payer. Trois ans après avoir initié le processus de vente, et après plusieurs échecs, Hochtief est enfin parvenu à céder sa filiale de services aéroportuaires, composée de participations minoritaires au capital de six aéroports dont ceux de Sydney ou d’Athènes.
La transaction a été conclue avec le fonds canadien Public Sector Pension Investments, qui gère notamment les retraites de la Gendarmerie royale, pour un montant de 1,1 milliard d’euros, soit environ le montant des fonds propres investis par le groupe dans cette activité. Une partie de la somme pourrait être redistribuée sous forme de dividende exceptionnel ce qui soulagerait la dette de l’espagnol ACS, premier actionnaire d’Hochtief avec 49,9% du capital.
Le prix de vente valorise environ 10 fois l’Ebitda estimé de la division pour 2013, quasiment un point de plus que le ratio d’Aéroports de Paris par exemple. Hochtief précise qu’il ne tirera aucun profit significatif de cette cession. Mais, avec les intérêts minoritaires, la vente lui permettra de déconsolider 1,5 milliard d’euros d’actifs. Le groupe était conseillé par Deutsche Bank.
Le prix de vente est toutefois inférieur aux 1,6 milliard d’euros que le groupe de construction allemand espérait encore retirer l’an dernier. La complexité du portefeuille et des performances sous pression l’ont contraint à revoir ses ambitions. Deux raisons qui avaient d’ailleurs incité Vinci et le chinois HNA à se retirer du processus de vente l’an dernier. L’aéroport d’Athènes est en effet directement pénalisé par la crise économique du pays. Celui de Budapest est confronté à «un refinancement risqué d’une dette «bullet» en 2014», indiquent les analystes de Natixis. Quant à l’aéroport de Sydney, la pépite du portefeuille, s’il dégage une marge d’Ebitda de 80%, Hochtief ne détient que 5,6% de son capital.
Cette cession contribuera en tout cas à réduire l’endettement d’Hochtief, conformément aux ambitions affichées depuis l’automne 2012 par le nouveau directeur général du groupe de construction allemand, Marcelino Fernandes Verdes. Entre fin 2010 et fin 2012, Hochtief était passé d’une trésorerie positive de 408 millions d’euros à une dette nette de 945 millions. La nouvelle direction mise en place par l’actionnaire principal espagnol ACS compte revenir à une situation de cash net dès l’an prochain.
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