Hermès accélère encore sa croissance en Asie

Le marché salue la résistance des ventes du sellier au deuxième trimestre, malgré un net ralentissement dans les pays matures
Bruno de Roulhac
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Si Hermès n’échappe pas au ralentissement de la croissance à l’instar des autres acteurs du luxe, il demeure toutefois en tête de peloton. Au deuxième trimestre, le sellier du faubourg Saint-Honoré a affiché une croissance organique de 13,4%, en ralentissement limité par rapport aux 17,6% des trois premiers mois de l’année, et au-dessus des 12,7% attendus par les analystes. En données publiées, les ventes progressent de 21,9% à 814,5 millions d’euros, au même rythme qu’au premier trimestre. Sur l’ensemble du premier semestre, plus de 5% du chiffre d’affaires est dû à un impact de changes positif.

Fait marquant du trimestre, Hermès (+ 3,13% à 237,20 euros) avance à contre-courant de ses concurrents avec une croissance interne qui continue à s’accélérer en Asie (hors Japon), tiré par la Chine, Singapour et Hong Kong, passant de 22,4% au premier trimestre à 26,9% au deuxième (et même +41% à taux de changes courants!). L’Asie pèse près d’un tiers des ventes du groupe et la Chine 21%. Un poids qui devrait encore s’accentuer, Patrick Thomas, gérant d’Hermès, ne voyant «aucun ralentissement de la demande dans le pays».

En revanche, ce n’est pas le cas des économies matures. En particulier le Japon, passé en décroissance organique sur le trimestre (-1%) après +8% au premier trimestre. Le ralentissement est également brutal en France, de +14% au premier trimestre à +7% au deuxième, tandis que les Amériques passent de +11% à +8%, «ce qui donne du crédit au message prudent de Burberry sur les Etats-Unis la semaine dernière», note CA Cheuvreux.

Pour 2012, Hermès confirme un objectif prudent de hausse de 10% de son chiffre d’affaires à changes constants, pour une marge opérationnelle courante comprise entre les 27,8% de 2010 et le niveau record de 31,2% atteint l’an dernier. «Ces objectifs nous semblent clairement conservateurs, note Aurel BGC. Ils supposent un très net ralentissement de la croissance au second semestre (environ -5% à changes constants) ainsi qu’une forte détérioration de la profitabilité.» Pour l’heure, le consensus Bloomberg anticipe une marge de 30,8%.

Sur le premier semestre, le groupe anticipe une croissance de son résultat opérationnel en ligne avec celle du chiffre d’affaires, donc autour de 509 millions d’euros, soit une marge de 32% stable par rapport à l’an dernier. Réponse le 31 août lors de la publication des résultats semestriels.

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