Heineken a franchi le dernier obstacle pour le rachat de l’asiatique APB

Les actionnaires de F&N ont massivement soutenu l’offre du brasseur néerlandais, qui s’ouvre largement les portes d’une zone prometteuse
Benoît Menou

Heineken est parvenu au bout de son parcours du combattant pour le contrôle total d’Asia Pacific Breweries (APB). Il détient déjà 56% de cette société cotée à Singapour, dont le groupe diversifié Fraser & Neave (F&N) contrôle 40%. Au terme d’une bataille d’offres de deux mois, les actionnaires de ce dernier ont approuvé vendredi l’offre du brasseur néerlandais. A une écrasante majorité (près de 99%), ils ouvrent la voie pour un rachat par Heineken de la part de F&N pour quelque 5,6 milliards de dollars de Singapour (3,5 milliards d’euros).

Une victoire attendue depuis que le conseil avait recommandé cette offre améliorée et surtout que l’actionnaire de référence de F&N (30,7% du capital), le milliardaire thaïlandais Charoen Sirivadhanabhakdi par le biais de ses sociétés ThaiBev et TCC Assets, avait promis de s’y résoudre. En échange, Heineken avait renoncé à prétendre à l’ensemble de F&N, pour lequel une offre est toujours à l’œuvre de la part du milliardaire.

Ce compromis permet à Heineken d’envisager une nouvelle phase de développement en Asie, une région prometteuse dans laquelle le néerlandais a une longueur de retard sur ses principaux concurrents mondiaux. Selon Euromonitor, la consommation de bière en Asie du Sud-Est a bondi de 6% l’an dernier, à 6,84 milliards de litres, avec en tête d’affiche le Vietnam, la Thaïlande et les Philippines. APB dispose de 30 unités de production dans 14 pays.

Heineken a assuré disposer de suffisamment de trésorerie et de lignes de crédit pour le financement de l’opération, qu’il souhaite finaliser en novembre. Il précise vouloir ramener son ratio d’endettement net sur excédent brut d’exploitation pro forma de 3,3 à 2,5 d’ici deux ans.

Le dossier représente également une opportunité stratégique pour F&N. Si ses actionnaires ont rejeté vendredi en assemblée extraordinaire le plan de dividende exceptionnel proposé par le conseil, les intentions de Charoen Sirivadhanabhakdi demeurent incertaines. Il pourra être tenté de scinder le groupe entre ses activités restantes de boissons non alcoolisées et dans l’immobilier, ou leur donner un nouvel élan en faisant usage des fonds récoltés auprès de Heineken. L’offre sur F&N représente enfin une porte de sortie éventuelle pour le brasseur japonais Kirin, qui en détient 15% et pourrait ainsi lui aussi renforcer sa croissance dans les marchés émergents.

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