HeidelbergCement et Italcementi marchent sur les traces de Holcim et Lafarge
La consolidation du secteur du ciment se poursuit. Dans la foulée de la fusion de Holcim et Lafarge, qui donne naissance au numéro un mondial avec près de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, c’est au tour d’un nouveau numéro deux de se constituer. Le cimentier allemand HeidelbergCement (12,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014) a présenté mardi soir le projet d’acquisition de 45% du capital de son rival Italcementi, de plus petite taille (4,16 milliards d’euros de chiffre d’affaires).
Le groupe de Heidelberg, détenu à 25% par la famille Merckle, prévoit de verser à Italmobiliare, la holding de la famille Pesenti (principal actionnaire d’Italcementi), 10,60 euros par action pour 45% du capital, soit un montant total de 1,67 milliard d’euros. Cela représente une prime de plus de 70% sur le cours moyen pondéré des trois derniers mois.
L’opération valorise ainsi les fonds propres d’Italcementi à 3,7 milliards d’euros. Cette offre en numéraire et en actions sera financée par une émission d’au moins 7,75 millions d’actions nouvelles et un prêt-relais de 4,4 milliards d’euros. La famille Pesenti obtiendra environ 5% du capital de la nouvelle entité. Une fois la transaction bouclée, HeidelbergCement déclenchera une offre publique sur le reste du capital au même prix. Morgan Stanley et Deutsche Bank ont assisté HeidelbergCement, tandis que Mediobanca a conseillé Italmobiliare.
«Le rapprochement de HeidelbergCement et d’Italcementi est idéal. Il n’existe pas deux autres groupes dans le secteur qui ont des positionnements si complémentaires», s’est félicité dans un communiqué le président du directoire du groupe allemand, Bernard Scheifele. L’opération va «renforcer [Italcementi] pour l’avenir», a souligné de son côté Carlo Pesenti, le CEO d’Italcementi. Le groupe combiné affichera une capacité de production d’environ 200 millions de tonnes de ciment, des ventes d’agrégats de 275 millions de tonnes et des ventes de béton prêt à l’emploi de 49 millions de mètres cubes.
Du fait de cette acquisition, HeidelbergCement a relevé ses prévisions à moyen terme. Le groupe table désormais sur un chiffre d’affaires supérieur à 20 milliards d’euros d’ici 2019 et sur un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de plus de 5 milliards d’euros, contre 17 milliards et 4 milliards auparavant.
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