HeidelbergCement devra travailler davantage à la réduction de son endettement
Le bond de 161% du résultat net d’HeidelbergCement en 2013, à 745 millions d’euros contre 285 millions un an plus tôt, est trompeur à plusieurs titres. Ce bénéfice reflète surtout une baisse de 79 millions des charges financières et la comptabilisation de plus-values de cessions totalisant 324 millions. Ces plus-values «proviennent de la vente d’une participation minoritaire en Arabie saoudite et du gain non cash afférent à la liquidation d’une société détenue par sa filiale Hanson au Royaume-Uni», relèvent les analystes de Raymond James.
Cette hausse du résultat n’a de surcroît pas empêché une dégradation marquée de la génération du cash flow libre du groupe à 142 millions d’euros, contre 710 millions dégagés en 2012. Outre le paiement d’une amende de 161 millions pour entente sectorielle sur les prix, qui a affecté son cash flow opérationnel, le cimentier allemand a finalement investi 1,3 milliard l’an dernier, contre 1,1 milliard initialement prévu et 866 millions déboursés en 2012. Au premier semestre 2013, il a acquis 50% de Midland Carry Products au Royaume-Uni, fait passer de 25% à 50% sa participation dans Cement Australia et pris le contrôle total de la société russe Sterlitamark.
Si l’on ajoute des effets de change négatifs en Indonésie, où il dispose d’excédents de cash, la dette nette d’HeidelbergCement, contrairement à ses attentes, a augmenté de 500 millions pour atteindre 7,5 milliards au 31 décembre 2013. Le groupe dispose heureusement d’une liquidité suffisante pour faire face à ses tombées de dette pour l’exercice en cours. «Les 2,3 milliards d’euros d’échéances à court terme (dont 1 milliard d’échéance obligataire en octobre) sont couvertes par 1,5 milliard de disponibilités du groupe et par 2,7 milliards de lignes de crédit non tirées», relèvent les analystes crédit de CM-CIC Securities.
Son ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation ressort à 3,1 fois contre 2,9 fois un an plus tôt, éloignant la perspective d’un retour de sa note de crédit en catégorie investissement. Noté Ba1 par Moody’s et BB+ par Fitch avec perspective stable, le cimentier vise pourtant une baisse de sa dette en 2014, grâce à la vente de son activité «building products» et à la cession d’autres actifs jugés non stratégiques. Il prévoit également «un léger repli» de ses coûts de financement.
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