Havas amorce sa politique de croissance externe

Le groupe de conseil en communication s’offre une participation majoritaire dans Host, la première agence indépendante d’Australie
Bruno de Roulhac

Nouveau départ pour Havas. Le groupe de conseil en communication traduit ses objectifs en actes avec l’annonce hier de l’acquisition d’une participation majoritaire dans l’agence indépendante australienne Host. Une opération saluée par les analystes et par le marché avec un rebond de 2,15% de l’action à 3,47 euros. En mars dernier, lors de la publication de ses résultats 2010, Havas avait annoncé son intention de renouer avec une politique offensive de croissance externe, se fixant un objectif de 2,5 milliards d’euros de revenus d’ici trois ans, contre 1,6 milliard en 2010.

Vincent Bolloré, le président du conseil d’administration, avait alors précisé que le groupe disposait d’une enveloppe de 700 à 750 millions d’euros pour des acquisitions ciblées de petite ou moyenne taille plus que pour de grandes opérations. Le groupe dispose d’une capacité de financement de 1,7 milliard d’euros, dont 1,3 milliard de liquidités.

Concomitamment, David Jones a pris les rênes de la direction générale après la démission de Fernando Rodès. Il devrait dévoiler son plan stratégique lors de la publication des résultats semestriels à la fin du mois d’août.

L’acquisition d’Host en constitue la première pierre. L’agence australienne emploie 120 collaborateurs et détient dans son portefeuille de grands clients mondiaux, comme Vodafone, Levi’s et Coca Cola. De plus, Host dégage plus de 30% de ses revenus dans le numérique. Un axe majeur pour les groupes de communication. Havas compte faire passer ses revenus numériques de 19% l’an dernier à une fourchette de 25 à 30% à moyen terme. Pour sa part, Publicis compte atteindre 35% dans trois ans contre 28% en 2010.

Ce rachat permet également à Havas de se renforcer dans la région Asie-Pacifique, après l’acquisition en décembre dernier de l’agence de relations publiques Porda, basée à Hong Kong. La zone Asie-Pacifique et l’Amérique latine ne pesaient l’an dernier que 13% des revenus du groupe.

Si Havas ne dévoile aucun élément financier de la transaction, «nous pensons que la société a dû être valorisée un maximum de 30 millions d’euros pour 100% du capital», note CM-CIC Securities, estimant le chiffre d’affaires d’Host «un peu supérieur à 20 millions d’euros», soit un peu plus de 1% des revenus d’Havas.

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