GM envoie un signal inquiétant en écartant le patron d’Opel
Il n’y a pas que PSA Peugeot Citroën qui soit pris dans la tourmente (lire pages 1 et 7). General Motors, son récent partenaire, a fait part hier de la démission du président du directoire d’Opel, Karl-Friedrich Stracke, un peu plus de six mois seulement après sa prise de fonction. Il va être réaffecté à des «tâches spéciales» auprès du patron de GM, Dan Akerson. Le vice-président de GM, Steve Girsky, qui préside le conseil de surveillance d’Opel, assurera l’intérim jusqu'à ce qu’un successeur soit trouvé.
La filiale européenne du constructeur américain va ainsi voir arriver son quatrième patron en moins de trois ans. Cette annonce, qui en a dérouté plus d’un, survient deux semaines seulement après l’adoption par le conseil de surveillance d’Opel d’un plan d’activité à moyen terme. Celui-ci, qui court jusqu’en 2016, vise à casser la spirale déficitaire; Opel a perdu 14 milliards de dollars sur les douze dernières années.
Mais pour que la restructuration produise pleinement ses effets, il faudra attendre l’issue des négociations avec les syndicats sur la fermeture de l’usine de Bochum. En échange de la fermeture de ce site en 2017 et de concessions sur les salaires, le constructeur se dit prêt à repousser de deux ans, jusqu'à fin 2016, un accord protégeant les quatre usines allemandes. «C’est le signe évident que GM a perdu patience et que Steve Girksy pense qu’il peut faire du meilleur travail», a estimé Cristoph Stuermer, analyste chez IHS Automotive cité par Reuters.
Ce changement de régime a semé le trouble parmi les interlocuteurs d’Opel. Le Premier ministre de Hesse, Land qui abrite le siège social d’Opel, redoute que GM ne tienne pas ses engagements. «Karl-Friedrich Stracke m’avait dit en mai que les contrats en cours seraient honorés et que le cœur historique, l’usine de Rüsselsheim, resterait dans sa forme actuelle», a déclaré Volker Bouffier. «Il m’a également assuré que l’Opel Astra resterait construite à Rüsselsheim jusqu'à la fin 2014», a-t-il ajouté. Les investisseurs ont également accueilli la nouvelle avec une certain mécontentement; l’action GM a clôturé en repli de 2,86% à 19,33 dollars. Le Dow Jones a terminé la séance sur un recul de 0,25%.
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