Gérard Mestrallet change de dauphin à la tête de GDF Suez
Acteur de la création par fusion de GDF Suez en 2008, Jean-François Cirelli n’imaginait certainement pas une telle issue. Le vice-président et directeur général délégué du groupe d’énergie a été révoqué hier par le conseil d’administration, remplacé par Isabelle Kocher. L’actuelle directrice financière est nommée directrice générale déléguée en charge des opérations. Elle intègre également le conseil d’administration. Ces décisions prendront effet le 12 novembre.
Cette double promotion fait d’Isabelle Kocher la dauphine désignée de Gérard Mestrallet, dont le mandat de PDG arrive à échéance en mai 2016. Une place à laquelle aspirait Jean-François Cirelli mais qui lui a été barrée par les relations de plus en plus tendues qu’il entretenait avec Gérard Mestrallet. Le long processus de fusion entre égaux des deux groupes n’avait pas réellement tranché la question de la gouvernance entre les deux PDG.
Dans un communiqué, le conseil d’administration de GDF Suez a remercié hier «Jean-François Cirelli pour le rôle clé qu’il a joué depuis la fusion et pour sa contribution au développement du groupe, notamment la mise en place de la nouvelle organisation de la branche énergie Europe, dans un contexte économique particulièrement difficile». Nommé à ce poste début 2012, Jean-François Cirelli a dû assumer près de 17 milliards d’euros de dépréciations d’actifs liées à la chute des taux d’utilisation des centrales à gaz en Europe.
Ce court hommage ne suffit pas à masquer une décision jugée brusque et en décalage avec les règles de gouvernance. La semaine dernière, la CGT s’était opposée à la promotion d’Isabelle Kocher, estimant que la procédure suivie par le comité des nominations avec l’appui du cabinet Egon Zehnder visait «à chercher un candidat qui travaillerait au mieux avec Gérard Mestrallet». Le PDG s’était défendu en assurant la semaine dernière que les règles de gouvernance étaient rigoureusement respectées et «absolument exemplaires».
Hier, la CGT s’est abstenue lors du vote en conseil. Tous les autres administrateurs ont voté en faveur d’Isabelle Kocher, y compris les quatre représentants de l’Etat actionnaire.
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