General Motors continue de panser la plaie de son talon d’Achille européen

Le constructeur automobile, en passe de céder à nouveau sa couronne mondiale à Toyota, a publié des résultats trimestriels meilleurs qu’attendu
Benoît Menou

Quand bien même les résultats de General Motors sur le Vieux Continent au cours du trimestre écoulé se sont révélés hier meilleurs qu’attendu, à l’image d’ailleurs de ceux de l’ensemble du groupe, l’Europe reste un fardeau. Après avoir pris 7% du capital de PSA Peugeot Citroën et noué avec ce dernier un «accord sur la logistique», selon les termes choisis hier, le constructeur automobile américain reste présent en Europe avant tout par le biais de sa filiale allemande Opel. GM Europe a ainsi subi sur le trimestre d’avril à juin une perte opérationnelle ajustée de 361 millions de dollars, qui fait suite à un résultat positif de 102 millions un an auparavant. Cette perte est tout de même la quatrième consécutive, représentant 6,1% du chiffre d’affaires, 1,5 point de plus qu’au premier trimestre 2012. Pourtant, GM Europe affiche sur la période un rebond séquentiel de 0,6 point de sa part de marché, à 8,8%.

Le Vieux Continent demeure une région difficile selon le directeur financier de General Motors, Dan Amman, qui s’est bien privé hier de prévoir une échéance de retour aux bénéfices dans la région. L’analyste d’UBS, Colin Langan, mise sur une perte pendant encore cinq années dans un marché qui devrait, au mieux, stagner.

«Nous avons encore clairement du travail avant d’apaiser les vents contraires, particulièrement dans des régions comme l’Europe et l’Amérique du Sud», a reconnu le PDG de GM, Dan Akerson. L’ensemble du groupe a affiché au deuxième trimestre un chiffre d’affaires de 37,6 milliards de dollars, soit un repli sur un an de 4% «presque entièrement dû au renforcement du dollar face aux autres grandes devises», selon le constructeur. Le volume de véhicules écoulés a en effet progressé de 71.000 unités à 2,39 millions d’unités, ce qui ne devrait toutefois pas permettre à GM de conserver son rang de premier constructeur mondial face à Toyota.

L’ensemble des zones géographiques ont concédé une baisse de la rentabilité opérationnelle (mais seule l’Europe est dans le rouge). L’activité de financement GM Financial se distingue avec un opérationnel en hausse de 50% à un niveau certes limité de 217 millions. Celui du groupe baisse ainsi de 3,0 à 2,1 milliards, pour un résultat net qui cède un milliard sur un an à 1,49 milliard. Dan Akerson a tenu à souligner qu’il s’agissait du dixième trimestre consécutif de bénéfice net, un parcours inédit depuis plus de dix ans selon le dirigeant.

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