GDF Suez tente de rassurer sur son implication au capital de Suez Environnement
«Rien n’a changé dans l’attitude de GDF Suez vis-à-vis de Suez Environnement, nous soutenons sa stratégie». Gérard Mestrallet, le PDG du groupe d’énergie à la tête de 36% du capital de Suez Environnement, a tenté mercredi de faire taire la rumeur annonçant une possible cession de cette participation. La révélation, il y a deux semaines, de discussions entre Veolia et Suez Environnement en vue d’un rapprochement a renforcé les interrogations sur les intentions de GDF Suez.
D’autant que le groupe doit décider dans les prochains mois de renouveler, ou non, le pacte d’actionnaires signé le 5 juin 2008, pour une durée de cinq ans, avec le Groupe Bruxelles Lambert (GBL), Sofina, la Caisse des dépôts, Areva et CNP Assurances. Ensemble, ce groupe contrôle un peu plus de 48% du capital de Suez Environnement.
Un rapprochement avec Veolia aurait dilué GDF Suez dans un ensemble plus liquide, ce qui aurait facilité la vente du bloc. Car, en l'état, une cession paraît difficilement réalisable. Un placement sur le marché ne satisferait ni GDF Suez, en raison du risque de devoir accepter une forte décote, ni Suez Environnement, qui perdrait un soutien fort pour sa stratégie, ni même l’Etat qui verrait certainement d’un mauvais œil la perte d’une partie de son contrôle indirect sur le numéro deux français de la distribution d’eau. Selon Exane BNP Paribas, cette sortie conforterait son désendettement et recentrerait totalement GDF Suez sur l’énergie. Mais elle amputerait aussi de 3 à 4% le bénéfice net du groupe, ce qui rendrait encore plus compliquée la tenue de son objectif de stabilité du dividende.
Les partenaires pourraient trouver une solution intermédiaire, avancée par les analystes de HSBC : garder intactes les positions actuelles mais ne pas renouveler le pacte, ce qui permettrait à GDF Suez de ne plus consolider la dette de Suez Environnement dans ses comptes. Cela permettrait aussi de gagner un peu de temps alors que la récente émission par GBL d’obligations convertibles en actions Suez Environnement a semble-t-il fixé l'échéance de sortie à 2015.
Quoi qu’il en soit, HSBC prévient que les membres du pacte devront rapidement clarifier la situation au risque de déplacer un peu plus l’attention du marché des fondamentaux de Suez Environnement vers la perspective d’un placement sur le marché, légitimement négative pour l'évolution du cours de Bourse de la société.
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