G4S brave la crise et les marchés en rachetant le danois ISS pour 5,9 milliards d’euros
La chute des marchés après le tsunami japonais avait eu raison du projet d’introduction en Bourse d’ISS. La crise financière n’a pas empêché EQT et Goldman Sachs Capital Partners, les actionnaires du groupe danois de services aux entreprises, de trouver un acquéreur. G4S a accepté de payer 1,53 milliard de livres (1,75 milliard d’euros) pour reprendre la participation des deux fonds. A cela s’ajoutent 3,7 milliards de livres de dette, soit un montant total de 5,2 milliards de livres (5,9 milliards d’euros). ISS avait été repris par EQT et Goldman Sachs en 2005 pour environ 3 milliards d’euros.
La témérité de G4S a effrayé les marchés. A Londres, le cours de l’action s’est effondré de 22,1%. La direction du britannique a beau expliquer que l’opération offre un potentiel de croissance important, promettre des centaines de millions de livres d'économies d’ici à 2014, et viser un retour sur investissement après impôt à deux chiffres à un horizon de trois ans, les investisseurs craignent un effet négatif sur les comptes. Lors de la publication des résultats du premier semestre 2011, ISS avait indiqué s’attendre à un repli de sa marge opérationnelle cette année, contre une hausse espérée auparavant. Sans compter qu’en 2010, ISS a dégagé une marge d’ebitda de 6,9%, soit environ 2 points de moins que celle de G4S.
Le montant total de l’opération représente environ 0,56 fois le chiffre d’affaires d’ISS estimé pour 2011, un ratio relativement proche de celui de G4S. En revanche, en termes de valeur d’entreprise sur ebitda, l’opération fait ressortir un net écart entre la cible (près de 10 fois le résultat opérationnel attendu pour 2011) et l’acquéreur (7 fois, avant la chute d’hier).
G4S prévoit de financer le rachat d’ISS à la fois via un emprunt syndiqué de 4,1 milliards de livres (4,7 milliards d’euros), dirigé par Deutsche Bank et RBS, avec une marge de 150 points de base par rapport au Libor. La somme pourrait être refinancée sur le marché obligataire dans les deux prochaines années, a précisé le directeur financier de G4S. Il procédera également à une émission de bons de souscription d’actions d’un montant net de 1,88 milliard de livres, avec une décote de 56,8% par rapport au cours de l’action. De quoi refroidir un peu plus le marché.
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