Fresenius Helios devient le premier opérateur privé d’hôpitaux en Europe
Concentration dans la santé en Allemagne. Helios, la filiale d’hôpitaux de Fresenius, vient d’acquérir 43 des 51 hôpitaux de Rhön-Klinikum pour 3,07 milliards d’euros, plus d’un an après l’échec de son OPA sur la même cible.
Un prix «en ligne avec les multiples du secteur compte tenu de la taille de la transaction», note Credit Suisse. Toutefois, sur la base d’un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda de plus de 12 fois, cette acquisition est «chère, [mais] devrait rapporter», estime Equinet. Fresenius « paie le prix fort, ajoute Kepler Cheuvreux. Les hôpitaux allemands ne sont pas notre secteur préféré pour investir (croissance limitée, inflation des coûts, réglementation stricte) […] mais le potentiel stratégique à long terme fait plus que compenser ces points négatifs ».
De fait, ce rachat fera de Fresenius Helios le premier acteur privé européen avec 117 hôpitaux en Allemagne et près de 5,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires attendu en 2013, dont 2 milliards provenant de Rhön-Klinikum. Pour sa part, Générale de Santé, le premier acteur privé français, avec 103 établissements devrait dégager cette année 1,9 milliard d’euros de ventes selon le consensus FactSet.
Fresenius table sur des synergies, relutives de 1 à 2% sur la marge opérationnelle (Ebitda). En 2012, Fresenius Helios affichait une marge de 13,5%, et Rhön-Klinikum de 10,2%. Ces synergies de 85 millions d’euros à partir de 2015 feront plus que compenser les 80 millions de coûts liés à l’intégration. D’ailleurs, même après ce rachat, Fresenius-Helios maintient son objectif moyen terme de marge d’exploitation (Ebit) dans le haut de la fourchette de 12 à 15%, contre 10,1% en 2012. Kepler Cheuvreux et Credit Suisse jugent l’opération relutive de 8% sur le bénéfice par action 2015.
Fresenius financera ce rachat par endettement. Le groupe prévient qu’il affichera fin 2013 un ratio dette nette sur Ebitda entre 3 et 3,5, mais il retombera fin 2014 dans le haut de son objectif de fourchette de 2,5 à 3. La recherche crédit d’Oddo anticipe une dégradation d’un cran (BB+ actuellement), anticipant un ratio dette nette sur Ebitda ajusté de 3,8 contre une limite de 3,5 fixée par S&P.
Parmi les risques, les analystes évoquent une possible fronde des minoritaires de Rhön-Klinikum, d’autant que leur vote n’est pas requis. Seules les autorités de la concurrence doivent donner leur feu vert.
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