Fidelity veut racheter les minoritaires de Colt pour sortir le groupe de la cote
Pas de bataille en vue pour le rachat des minoritaires de Colt. Fidelity, actionnaire de contrôle du fournisseur de services télécoms à hauteur de 62,4%, a proposé vendredi de racheter les titres non encore détenus au prix unitaire de 190 pence, soit une prime de 21% sur le cours de la veille et de 34% sur le cours moyen des douze derniers mois. Une opération qui valorise Colt 1,7 milliard de livres (2,4 milliards d’euros). Dans la foulée, le cours de Colt s’est ajusté, clôturant vendredi à Londres à 188 pence (+19,97%).
Pour autant, cette offre n’a pas reçu l’approbation de l’ensemble du conseil de Colt. Dans un communiqué, les administrateurs indépendants estiment que l’offre «sous-évalue la société et ses perspectives». Ils rappellent que Colt a récemment annoncé le « Plan New Business » qui doit permettre d’améliorer significativement les performances du groupe. D’ailleurs, pour eux, la vente à un tiers permettrait d’atteindre un prix «significativement plus élevé» que celui de l’offre. Fidelity, conseillé par JP Morgan Cazenove, a précisé qu’il ne comptait pas relever son offre qui reflète «totalement et équitablement» la valeur de la société, et n’avait pas non plus l’intention de vendre ses titres Colt à un tiers avant la fin 2016.
Conseillés par Barclays, les administrateurs indépendants estiment que l’offre n’est pas équitable pour eux, toute en reconnaissant qu’elle peut être acceptable pour certains actionnaires. Aussi, les actionnaires indépendants se sont refusés à émettre une recommandation sur l’offre.
Pour sa part, Fidelity a précisé avoir reçu l’engagement d’apport de Ruffer LLP et de Standard Life Investments, représentant ensemble 7,8% du capital de Colt, et annoncé son intention de retirer le titre de la cote. Le fonds d’investissement rappelle que grâce à un delisting, Colt ne serait plus soumis aux directives transparence, abus de marché et droit des actionnaires, ni aux obligations de publications semestrielle et trimestrielle, mais seulement aux normes comptables luxembourgeoises. Le groupe n’aurait plus de déclaration obligatoire sur le gouvernement d’entreprise et sur la gestion des risques, et ne dépendrait plus du CSSF, le régulateur luxembourgeois.
Fidelity financera l’opération sur ses ressources propres. Il aurait environ 600 millions de livres à débourser pour acquérir tous les minoritaires.
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