Fiat profite à plein des performances de Chrysler
Chrysler sauve les résultats de Fiat. Le constructeur italien parvient à doubler son bénéfice opérationnel (trading profit) à 1 milliard d’euros au deuxième trimestre, grâce uniquement à l’excellente performance de sa filiale américaine, pesant 86% de ce résultat. La quote-part de Fiat seul a en effet chuté de 61% à 144 millions, reflet du marasme du secteur automobile européen. Sur le semestre, les immatriculations du groupe Fiat en Europe ont reculé de 18%. Le mois dernier, Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, avait prévenu que le groupe réduirait de 500 millions d’euros ses investissements cette année, essentiellement dans les nouveaux produits, par rapport aux 7,5 milliards prévus initialement, en raison de la cinquième année de baisse des ventes sur le Vieux Continent.
L’Amérique du Nord assure à elle seule les trois quarts de ce résultat opérationnel trimestriel, tandis que l’Europe-Moyen Orient ne parvient pas à sortir du rouge avec une perte opérationnelle de 138 millions, qui se réduit toutefois de 35% par rapport au premier trimestre. L’Amérique latine voit aussi sa rentabilité décroître, en raison notamment de la pression sur les prix et de l’augmentation des dépenses publicitaires pour le lancement de nouveaux véhicules.
En dépit du manque de visibilité sur l’économie européenne, Fiat confirme ses objectifs pour l’exercice 2012. A savoir un chiffre d’affaires supérieur à 77 milliards d’euros –pour un consensus Bloomberg à 81 milliards–, un résultat opérationnel de 3,8 à 4,5 milliards et un bénéfice net de 1,2 à 1,5 milliard.
Cette relative confiance en l’avenir n’a pas suffi à convaincre les investisseurs, déçu par les performances trimestrielles. Le titre Fiat cédait hier 4,44% à Milan à 4 euros, en repli de plus de 40% sur un an. Les analystes ont été déçus de la stabilité de la rentabilité de Chrysler avec une marge opérationnelle stable sur le semestre à 4,5%, en dépit de la hausse des volumes. Les ventes du constructeur américain restent bien orientées avec une croissance «à deux chiffres» en juillet, a précisé Sergio Marchionne, attendant une «amélioration progressive» du taux d’utilisation des capacités des usines américaines. En revanche, le patron de Fiat exclut une entrée en Bourse de Chrysler cette année.
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