Fiat Chrysler fait le choix de l’indépendance pour sa marque Ferrari
Fiat Chrysler Automobiles (FCA) table sur l’appétit des investisseurs pour les marques de prestige. S’il a publié hier des résultats trimestriels légèrement inférieurs aux attentes, le constructeur italo-américain a annoncé en parallèle son intention d’introduire en Bourse 10% du capital de Ferrari et de distribuer le reste du capital à ses actionnaires, parmi lesquels figure la famille Agnelli. Cette scission devrait être réalisée dans le courant de l’an prochain, tandis que les actions de la marque italienne emblématique seront cotées aux Etats-Unis et peut-être en Europe.
L’administrateur délégué de FCA Sergio Marchionne, qui a repris voici quelques semaines la présidence du conseil d’administration de Ferrari, a souligné qu’il n’avait pas l’intention de vendre plus de 10% du capital de cette société, ni de scinder Maserati, Alfa Romeo ou d’autres marques de luxe du groupe automobile. Selon le bureau d’analyse de Morningstar, la valorisation de Ferrari pourrait atteindre 5,9 milliards d’euros, «sur la base d’une marge brute d’exploitation estimée à 22% pour l’ensemble des marques de luxe du groupe». Un niveau plus de deux fois supérieur à la marge brute de 9% anticipée cette année par Morningstar pour FCA.
Le constructeur cédera par ailleurs jusqu'à 100 millions de ses propres actions, issues à la fois de son autocontrôle et des titres émis pour compenser le rachat d’actions Fiat et Chrysler à des investisseurs opposés à la fusion des deux sociétés. Ceci lui rapporterait 860 millions d’euros sur la base du cours de clôture de l’action mercredi, après sa progression de 12,8% sur la Bourse de Milan. Le groupe va également émettre 2,5 milliards de dollars (2 milliards d’euros) d’obligations convertibles, tout en remboursant par anticipation des obligations Chrysler à échéances 2019 et 2021.
Ces initiatives contribueront à financer une partie de l’ambitieux plan d’investissement de 48 milliards d’euros prévu sur 5 ans. Alors que sa dette industrielle a progressé de 17,5% sur un trimestre pour atteindre 11,4 milliards d’euros au 30 septembre, «FCA n’a pas un bilan suffisamment solide pour faire face à un retournement cyclique dont la probabilité a clairement augmenté au cours des derniers mois», commente Stuart Pearson, analyste chez Exane BNP Paribas. Le groupe a néanmoins confirmé sa prévision d’un résultat d’exploitation récurrent compris entre 3,6 et 4 milliards d’euros sur l’ensemble de l’exercice.
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