Fiat cherche le financement du rachat des minoritaires de Chrysler

D’aucuns valorisent à 4,5 milliards de dollars les 41,5% non détenus. Le tribunal du Delaware tranchera à la fin du mois la bataille sur le prix
Bruno de Roulhac

Depuis le début de la semaine, le marché attend que Fiat exerce son option pour se renforcer au capital de Chrysler. Le constructeur italien a la possibilité de racheter une nouvelle tranche de 3,3% au capital de sa filiale américaine. Fiat détient déjà 58,5% du capital, dont le solde appartient à Veba (Voluntary Employees Beneficiary Association), le trust américain qui verse les prestations d’assurance maladie aux retraités du groupe américain.

Lors de la reprise du constructeur américain, au bord de la faillite, en 2009, Veba avait consenti une option d’achat sur 40% de sa participation de 41,5%, soit 16,6% du capital de Chrysler, exerçable du 1er juillet 2012 au 30 juin 2016, par tranches de 3,3%. Pour exercer les deux premières tranches, Fiat avait déboursé 140 millions de dollars en juillet 2012 et 198 millions en janvier 2013. Pour l’échéance de juillet 2013, le groupe italien pourrait payer de 239 à 269 millions de dollars, selon Gabriele Gambarova, analyste chez Banca Akros.

Or, le calcul du prix de chaque tranche est une pierre d’achoppement entre les deux partenaires, Chrysler ayant renoué avec les bénéfices depuis 2007 tandis que Fiat brûle du cash. Veba valorise l’option 342 millions de dollars, loin des 140 millions payés la première fois par Fiat. Aussi, le tribunal de l’Etat du Delaware saisi par les parties devra trancher cette question et rendre sa décision avant le 25 juillet prochain. Dans l’attente de cette décision, le transfert des titres ne peut avoir lieu.

Selon Banca Akros, Fiat devrait débourser environ 450 millions d’euros pour les trois premières tranches de 3,3%. Alors que 10% du capital de Chrysler, sur la base des multiples de Ford et de GM, vaut environ 1,7 milliard d’euros, soit une création de valeur implicite de 1,3 milliard, équivalente à 1 euro par action Fiat, ajoute Gabriele Gambarova.

UBS valorisait le mois dernier autour de 4,5 milliards de dollars la part de Chrysler non encore détenue. Fiat devrait alors négocier un crédit relais avant de faire appel au marché. Néanmoins, le mois dernier, Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat avait déclaré que le groupe n’avait pas besoin de s’endetter davantage pour racheter le solde du capital de Chrysler.

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