Evonik prépare son entrée en Bourse par la petite porte
Evonik apprend de ses échecs. Après trois tentatives avortées de cotation, le groupe allemand de chimie de spécialités a décidé d’entrer en Bourse par la petite porte. Ses deux actionnaires, le fonds CVC Capital Partners (25%) et RAG (75%), la fondation chargée de financer la liquidation des mines de charbon outre-Rhin, ont placé cette semaine un bloc d’actions auprès d’investisseurs institutionnels. Un premier placement privé avait eu lieu le 22 février.
Au total, 12% du capital du groupe se trouvent désormais entre les mains d’institutionnels. Le fonds de Singapour, Temasek, a acquis à lui seul 4,6%, valorisant Evonik à plus de 13 milliards d’euros. Ces placements privés constituent une première étape avant une introduction a minima. Les deux actionnaires de référence du chimiste comptent vendre le mois prochain sur le marché un petit bloc de titres, ce qui permettra au groupe d’être enfin coté à la Bourse de Francfort.
Le flottant serait dans un premier temps de 14%, en incluant les 12% vendus ces dernières semaines. RAG et CVC Capital Partners pourront ensuite s’alléger au fil de l’eau pour accroître le flottant, la fondation ayant cependant vocation à conserver au moins 25,1% du capital. Avec 13,6 milliards d’euros de revenus en 2012 pour 2,6 milliards d’Ebitda, Evonik a vocation à rejoindre un jour son rival BASF au sein de l’indice Dax.
Le groupe avait dû renoncer l’été dernier à un projet d’IPO plus ambitieux, après déjà deux échecs en 2008 et 2011. «Il était difficile de trouver un consensus entre la valorisation des actionnaires et ce que le marché était prêt à payer à ce moment-là», a indiqué Klaus Engel, directeur général du groupe. D’où la décision de démarcher directement certains grands comptes, ce qui a permis d’aligner les attentes des vendeurs et des acquéreurs. «Il n’y a pas un grand investisseur dans le monde à qui nous n’ayons parlé», précise Klaus Engel.
En vue de sa cotation, le groupe a aussi rationalisé cette semaine ses activités immobilières. Vivawest, qui porte ses actifs immobiliers, et THS, une société de logements détenue par le syndicat allemand de la chimie et de l’énergie, IG BCE, vont se rapprocher. Evonik ne détiendra plus à terme que 8% de la structure, le solde du capital étant laissé aux mains de son fonds de pension (25%), de RAG (40%) et d’IG BCE (26,8%). Le groupe sera ainsi totalement recentré sur la chimie de spécialités.
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