Eurofins ouvre le marché de la dette obligataire non notée en Europe
Eurofins Scientific n’a pas voulu attendre la décision aujourd’hui de la Banque centrale européenne. Après deux jours de road-show en fin de semaine dernière, le groupe de laboratoires d’analyses biologiques a rouvert le marché européen des émissions non notées en plaçant 500 millions d’euros à 7 ans, largement au-dessus des 300 millions initialement visés.
Le coupon est ressorti à 2,25%, «soit le troisième plus faible pour une émission non notée à 7 ans de plus de 500 millions d’euros», indique Jean-Philippe Brioudes, directeur origination debt capital market chez HSBC France, qui a coordonné l’émission. BNP Paribas et SG CIB étaient co-teneurs de livres. Le spread est ressorti à 183 points de base par rapport aux taux mid-swaps.
Connu du marché obligataire senior depuis son émission inaugurale de 2013 pour un montant de 300 millions d’euros à 5 ans, Eurofins a jugé «préférable de passer avant la réunion de la BCE de jeudi et les élections grecques dimanche qui constituent deux sources potentielles de volatilité» pour profiter des très bonnes conditions actuelles, ajoute Jean-Philippe Brioudes. «Les taux de swaps sont à des niveaux historiquement bas et la prime liée à l’absence de notation a eu tendance à se compresser ces derniers mois», poursuit le banquier. Pour certains émetteurs, cette prime d’absence de notation a pu être divisée par deux, autour de 40 points de base. Non noté également, le groupe allemand VTG a lui aussi profité de l’ouverture du marché. Il a placé mardi une dette hybride de 250 millions d’euros avec un coupon de 5%.
Eurofins poursuit ainsi son mouvement de désintermédiation entamé en 2006 avec l’émission d’une obligation avec bons de souscription d’actions, suivie d’une première dette hybride en 2007 et d’un Schuldschein en 2011. Ce nouveau financement soutiendra le programme de croissance du groupe. Eurofins vise 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, deux fois plus qu’en 2012. Pour cela, il prévoit de consacrer environ 120 millions d’euros chaque année à des acquisitions.
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