Euro Disney reste dubitatif sur la poussée de fièvre de son action

Le cours du parc d’attractions a doublé en neuf séances dans des volumes exorbitants. Aucun élément nouveau n’explique cette flambée, selon le groupe
Olivier Pinaud

Un cours de Bourse qui double en neuf séances. Des volumes d’échange 6 fois plus importants que la moyenne des cinq dernières années. 13% du capital travaillé dans la seule journée d’hier, 29% en neuf séances. L’action Euro Disney vient de connaître une poussée de fièvre inédite depuis l’entrée en bourse du parc d’attractions en 1989. Dubitative sur cette envolée, la direction du groupe indique «n’avoir connaissance d’aucun élément nouveau en mesure d’expliquer cette évolution du cours de Bourse» depuis la publication le 8 février du chiffre d’affaires du premier trimestre de l’exercice 2010-2011.

Alors que la rumeur de l’entrée au capital d’un groupe asiatique a circulé un temps, la piste semble peu probable, une source proche indiquant à L’Agefi qu’«aucune entrée massive au capital n’a été constatée». Selon les statuts d’Euro Disney, «toute personne physique ou morale venant à détenir une fraction égale à 2% du capital, ou à tout multiple de ce pourcentage, doit informer la société dans un délai de cinq jours de bourse à compter du franchissement».

De même, l’Autorité des marchés financiers, qui a placé le titre sous surveillance, rappelle que les déclarations de franchissement de seuil doivent se faire au plus tard le quatrième jour de négociation suivant le franchissement. Or, la flambée a débuté il y a neuf séances et rien n’a été signalé. Enfin, le statut de commandite et la présence forte du groupe Disney au capital (39,8%) devraient dissuader tout projet d’OPA.

La revalorisation du patrimoine foncier d’Euro Disney est également avancée pour expliquer la hausse du cours de l’action. Plausible. Le groupe détient 2.230 hectares de terrains à quelques kilomètres de Paris, dont la moitié reste encore à développer. Mais l’existence de cet actif est connue depuis des années et aucun nouveau projet immobilier ne justifie une revalorisation aussi fulgurante.

La piste d’une spéculation amplifiée par le système à règlement différé (SRD) semble être la plus probable. La fièvre est d’ailleurs légèrement retombée hier (+1% à 9,05 euros). La direction du groupe attend de voir l’évolution dans les prochains jours. Une source indique qu’elle n’a pas demandé d’étude TPI (titre au porteur identifiable) pour connaître avec précision l’identité des actionnaires.

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