Eramet exploite un peu plus le filon obligataire

Le groupe minier a ajouté 125 millions d’euros à sa souche inaugurale de novembre 2013 et émis 50 millions par placement privé
Olivier Pinaud

Vu l’effervescence qui y règne depuis quelques mois, Eramet n’a pas tardé à revenir sur le marché obligataire. Le groupe minier, qui avait placé en novembre 2013 sa première obligation pour un montant de 400 millions d’euros, vient de rajouter 125 millions d’euros à cette ligne d’échéance novembre 2020. Toujours non notés, les titres ont été placés avec un coupon de 4,5%. Le prix de cette nouvelle émission ressort à 103,89%, soit un rendement de 3,808%, inférieur de 82 points de base à celui de l’opération inaugurale. BNP Paribas, Natixis et SG CIB ont dirigé cette seconde émission.

Eramet a même poussé un peu plus loin son excursion obligataire en émettant son premier placement privé sous format Euro PP. Le montant est limité, seulement 50 millions d’euros, mais la maturité de 12 ans est longue pour ce type d’opérations. Jusqu’à présent, seuls Soginorpa (Maisons & Cités), la Société nationale immobilière et Orpéa, toutes dans le foncier ou l’immobilier, s’étaient aventurées au-delà de la barre des 10 ans. Pour Eramet, le coupon a été fixé à 5,29%.

«Les investisseurs obligataires n’ont, semble-t-il, pas la même interprétation de la situation financière d’Eramet que celle dépeinte par Romain Zaleski», apprécie une source proche du groupe minier contrôlé par la famille Duval et Bpifrance. Le troisième actionnaire d’Eramet, avec 12,8% du capital, s’était bruyamment inquiété en début d’année de la consommation de trésorerie du minier depuis 2012, avec 850 millions d’euros de cash flows libres négatifs cumulés. L’impressionnant rebond des prix du nickel depuis janvier 2014 sous l’effet de l’arrêt des exportations indonésiennes vers la Chine, premier consommateur mondial du métal, a changé la perspective.

Hier, le cours du nickel a atteint un plus haut depuis 27 mois sur le LME, à un peu plus de 21.600 dollars la tonne pour le contrat à 3 mois, soit un rebond de plus de 55% en un peu plus de quatre mois. Résultat, alors que le profil opérationnel d’Eramet n’a pas été transformé récemment, le cours de l’action du groupe a gagné 39% depuis le début de l’année et de 47% depuis le point bas de début février. Revenu à un peu moins de 100 euros, le cours redevient plus présentable pour Bpifrance dont le prix d’entrée de 2012 s'élève à 113 euros par action, sans tenir compte de la dépréciation passée l’an dernier pour un montant non divulgué.

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