Eramet exploite pour la première fois le marché obligataire

Confronté à une forte dégradation de ses cash-flows, le groupe minier a placé 400 millions d’euros d’obligations pour diversifier son financement
Olivier Pinaud

Eramet vient de sauter le pas sur le marché obligataire. Le groupe métallurgique et minier a placé sa première obligation auprès d’investisseurs qualifiés pour un montant de 400 millions d’euros. Le coupon s’élève à 4,5% pour une maturité de 7 ans. Le rendement final a été arrêté à 4,625%, dans le bas de la fourchette indicative, qui allait de 4,625% à 4,75%. Le spread par rapport aux taux mid-swaps s’élève à 302,8 points de base. BNP Paribas, SG CIB et Natixis ont placé les titres, à 70% auprès d’investisseurs français. Les obligations ne font l’objet d’aucune notation.

Le groupe diversifie ainsi un peu plus ses sources de financement. Eramet avait émis au premier semestre un placement privé allemand «Schuldschein» de 60 millions d’euros, avec une maturité de 7 ans également. Au 30 juin, ses dettes financières s’élevaient à 734 millions d’euros, pour l’essentiel des lignes de crédit syndiqué, complétées par des billets de trésorerie pour un montant de 176 millions d’euros. Le producteur de manganèse ou de nickel dispose également d’une ligne de crédit renouvelable d’un milliard d’euros, à échéance 2018, mais qui n’a pour l’instant jamais servi.

Ce financement obligataire de 400 millions d’euros intervient alors que la génération de cash-flows d’Eramet a viré au rouge en 2012, sous l’effet de la forte baisse des prix du nickel et de l’augmentation des investissements. Alors qu’il avait dégagé 99 millions de cash-flows libres en 2011, le minier en partie détenu par le Fonds stratégique d’investissement (devenu Bpifrance) a consommé 424 millions d’euros en 2012. Au premier semestre 2013, sa consommation atteignait encore 211 millions, soit quasiment autant qu’un an auparavant, laissant entrevoir un nouveau chiffre négatif pour l’ensemble de l’année. D’autant qu’Eramet s’attend à un résultat opérationnel courant au second semestre encore plus mauvais que les 9 millions d’euros de pertes essuyés au premier semestre.

Un ralentissement des investissements en 2014 et 2015, en dessous du niveau de 400 millions d’euros par an, contre 641 millions en 2012, devrait aider à redresser les cash-flows. Les mesures d’économies ont également été renforcées, le temps que les prix du nickel repartent à la hausse. La volonté récemment affichée par l’Indonésie de cesser ses exportations de minerai vers la Chine pourrait contribuer à réduire les stocks qui pèsent actuellement sur le marché.

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