Enel place avec succès une obligation hybride de 1,7 milliard d’euros
Enel est finalement passé à l’action. Quatre mois après avoir reçu de son conseil d’administration l’autorisation d’émettre des titres hybrides pour 5 milliards d’euros au maximum d’ici à 2014, l’énergéticien italien vient de boucler une levée de fonds inaugurale d’obligations subordonnées hybrides pour 1,7 milliard d’euros au total. Le groupe suit ainsi la voie ouverte par EDF en début d’année et empruntée plus récemment par GDF Suez. La maturité moyenne de l'émission d’Enel, qui comprend une tranche en euros et une autre en livre sterling, «est d’environ 60 ans», précise le groupe.
La première tranche qui s’élève à 1,25 milliard d’euros a une échéance finale fixée au 10 janvier 2074. Elle offre un coupon fixe annuel de 6,5% jusqu’au 10 janvier 2019, sa première date de rachat potentiel. Le taux d’intérêt variera ensuite en fonction du taux swap en euro à 5 ans, auquel s’ajoutera un spread qui ira en augmentant jusqu’en janvier 2039. Pour la deuxième tranche de 400 millions de livres sterling, dont la maturité a été fixée au 10 septembre 2075, le coupon fixe atteindra 7,75% jusqu’au 10 septembre 2020, avec la possibilité d’un swap en euros au taux de 7%. La rémunération correspondra ensuite au taux swap en livre sterling à 5 ans, plus un spread qui augmentera jusqu’en septembre 2040.
Cette opération «fait partie des efforts entrepris par le groupe pour combattre les difficultés du marché espagnol» qui affectent sa filiale Endesa, commente Kepler Cheuvreux. Elle constitue la plus importante émission hybride d’une entreprise non financière en Italie. Le carnet d’ordres a été sursouscrit à hauteur de 4,2 fois pour la tranche en euros et 2,5 fois pour la part en livres. Les fonds d’investissement à long terme représentent 78% des acheteurs de la tranche en euros, contre 9% alloué aux banques, 9% aux assureurs, et seulement 3% aux fonds d’arbitrage.
Les deux tranches seront cotées à la Bourse de Dublin. Compte tenu de leur échéance et de leur caractère subordonné, elles ont provisoirement été notées «Ba1» par Moody’s, «BB+» par S&P et «BBB-» par Fitch. Une notation en catégorie spéculative, contrairement à la note de crédit corporate d’Enel, pourtant dégradée d’un cran à «BBB» en juillet par S&P, un niveau comparable à la note «Baa2» de Moody’s. La dette nette du groupe atteignait 44,5 milliards d’euros au 30 juin, soit 84% de ses fonds propres contre 82% six mois plus tôt.
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