Eiffage veut restructurer la dette de ses autoroutes pour faire remonter le cash

Le groupe pourrait créer des réserves distribuables chez APRR pour accélérer le remboursement de la dette de sa holding Eiffarie
Olivier Pinaud

Après avoir bouclé en fin d’année dernière, après plus de deux ans de lutte devant les tribunaux contre des actionnaires minoritaires, le retrait de la cote des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), Eiffage a engagé la phase suivante de la simplification de sa filiale de concessions autoroutières. L’idée vise à faire disparaître Eiffarie, la holding intermédiaire située entre Eiffage et APRR, aujourd’hui libérée de ses actionnaires minoritaires. Eiffarie est détenue à 50% plus une action par Eiffage, le solde étant entre les mains du fonds Macquarie.

La suppression d’un étage dans l’organigramme faciliterait la circulation du cash généré par APRR et donc le remboursement de la dette contractée par Eiffarie en 2006 lors du rachat d’APRR. Fin 2012, et après le refinancement opéré en févier de la même année, la dette financière nette d’Eiffarie s’élevait à 2,5 milliards d’euros. En ajoutant celle d’APRR, et les quasi-fonds propres de Macquarie, la dette nette de l’ensemble Eiffarie-APRR représentait 9,9 milliards.

Initialement, les deux partenaires envisageaient de fusionner Eiffarie et APRR. Avantage: Eiffarie, qui ne pouvait se présenter que sur le marché high yield pour refinancer sa dette bancaire, pourrait ainsi s’appuyer sur la notation d’APRR (BBB- chez S&P). Mais le processus de fusion risque d'être long à mettre en œuvre en raison de difficultés juridiques et comptables. Pour contourner cet obstacle, Eiffage envisage d’accroître la remontée de cash d’APRR grâce à la création comptable de réserves distribuables, a récemment indiqué la direction à des analystes financiers.

Cette opération permettrait à la structure de se trouver dans les meilleures conditions afin de refinancer le crédit structuré de 2,7 milliards d’euros souscrit par Eiffarie en février 2012 avec une marge d’ouverture de 300 points de base sur l’Euribor et avec des clauses d’augmentation de 50 pb supplémentaires en février 2015 et en février 2016. Ce crédit a augmenté de quasiment 100 millions d’euros le coût de l’endettement d’Eiffarie, à 613 millions en 2012. Au bout du compte, la baisse de son endettement permettrait à Eiffarie de faire remonter plus de cash à ses actionnaires de contrôle, Eiffage et Macquarie.

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