EDF revoit sa stratégie aux Etats Unis
EDF a annoncé un relèvement de son objectif de performance opérationnelle de 3% pour 2013, filiale italienne Edison exclue, grâce à une hausse de 3,5% de son bénéfice net à 2,9 milliards d’euros au premier semestre. Le groupe, qui prépare son retrait du nucléaire aux Etats-Unis tout en négociant la réalisation d’un projet d’EPR au Royaume-Uni, améliore ainsi l’objectif de performance initialement prévu (entre 0% et 3%).
L’électricien français a augmenté son chiffre d’affaire (CA) de 10,7% à 39,7 milliards au premier semestre 2013 pour un Ebitda de 9,7 milliards d’euros (+6,9%), une croissance portée par la France, un climat froid associé à des prix de marché favorables, ainsi que d’une forte progression de la production hydraulique, précise un communiqué. Le plan d’économie Spark, annoncé en février, a déjà permis environ 360 millions d’euros d’économie à la fin juin, le groupe maintenant son objectif du milliard d’euros d'économie pour 2013.
Depuis 2010, une remise à plat de la stratégie dans le nucléaire aux Etats-Unis est mise en œuvre. Elle fait suite à l’arrêt du seul projet de réacteur ayant débuté sur les quatre prévus initialement en 2007 lors de l’entrée d’EDF sur le marché américain. Le groupe détient cependant toujours 100% du capital de la société Unistar. Cette filiale, qui aide notamment Areva dans le processus de certification de l’EPR, est à l’arrêt en raison de l’essor du gaz de schiste. EDF prévoit dans un premier temps de déléguer à son partenaire américain Exelon la gestion opérationnelle des cinq réacteurs nucléaires exploités par leur coentreprise Constellation Energy Nuclear Group (CENG). En contrepartie le groupe doit recevoir un dividende d’environ 300 millions d’euros versés par CENG qu’il détient à 49,99%. EDF dispose d’une option de vente sur CENG qu’il pourra exercer, « à la juste valeur de sa participation », entre janvier 2016 et juin 2022. Cette opération, qui devrait être finalisée en 2014, permettrait de réduire son endettement financier d’environ 300 millions d’euros et aura un effet légèrement relutif dès 2015, selon le groupe. « Aujourd’hui, notre arbitrage se fait en faveur des activités d’optimisation (des centrales) et des activités d'énergies nouvelles sur le territoire nord-américain » a déclaré Henri Proglio, le PDG d’EDF.
En Grande-Bretagne, la construction à Hinkley Point de deux réacteurs nucléaire EPR, estimé à 16,5 milliards d’euros, est toujours en négociation avec le gouvernement britannique. EDF souhaite obtenir de l’Etat une garantie de soutien des prix de l’énergie. EDF prendra sa décision d’ici à la fin de l’année.
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