EDF juge son niveau d’endettement sous-optimal
Henri Proglio est «enthousiaste». «Quoi qu’il se passe en 2011, il faudra compter avec EDF», promet le PDG, galvanisé par la «flexibilité financière retrouvée» du producteur d’électricité. La vente des réseaux de distribution d’électricité au Royaume-Uni (6,7 milliards d’euros de réduction de dette), la cession en cours de la participation dans l’allemand EnBW (7,1 milliards) et la mise en équivalence de RTE (6,3 milliards), ont permis de ramener l’endettement pro forma à 27,3 milliards d’euros, soit 1,9 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda).
«Le coût de la dette a été maintenu à 4,4% alors que la maturité est passée de 7,4 à 8,6 ans», souligne pour sa part Thomas Piquemal, le directeur financier. Selon lui, le groupe n’a pas de «nécessité d'émission» de dette. Il est plutôt confronté à un problème «d’optimisation du placement du cash» alors que les 8,4 milliards d’euros encaissés via les cessions d’actifs sont peu rémunérés. Le producteur d’électricité devrait ainsi en utiliser une bonne partie pour ses investissements. Selon Thomas Piquemal, «l’enveloppe des investissements pour 2011 sera supérieure aux 12,2 milliards de 2010», ce qui contribuera à faire remonter l’endettement entre 30 et 32 milliards d’euros fin 2011, soit 2 à 2,2 fois l’Ebitda attendu.
Si Henri Proglio ne manque pas d’ambitions, notamment à l’étranger, le PDG indique qu’une grande partie de la hausse des résultats prévue pour 2011 (+4% à +6% pour l’Ebitda) proviendra de la croissance interne. Et si une «grosse acquisition» devait se présenter, «nous expliquerions les mesures employées pour conserver notre notation auprès des agences», assure Thomas Piquemal. Quoi qu’il en soit, le ratio de dette ne dépassera pas 2,5 fois l’Ebitda.
Enthousiastes, les investisseurs le sont moins, malgré la prime de 10% accordée sur le dividende pour les actionnaires au nominatif les plus fidèles. Le marché attend toujours le prix de revente aux concurrents d’une partie de l’électricité nucléaire produite en France par EDF. Selon le groupe, «si la loi Nome est respectée», le prix sera de 42 euros par MW/h. Un euro de moins lui coûterait 40 millions d’euros d’Ebitda en 2011, en un seul semestre. «C’est un transfert de rentabilité vers les concurrents», grince Henri Proglio qui n’a toutefois pas réemployé le mot de «pillage» lancé récemment devant les députés.
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