EDF Invest fait fructifier les actifs d’EDF dédiés au démantèlement
C’est une structure relativement discrète, assise dans l’ombre d’EDF. Pourtant, EDF Invest est l’un des investisseurs en infrastructures français les mieux armés financièrement. Créée en 2013 dans la foulée d’un décret, la société gère une partie des actifs mis de côté par le producteur d’électricité pour couvrir le coût futur du démantèlement de ses installations. Fin 2014, la valeur de ces actifs représentait 23 milliards d’euros, dont 14,6 milliards de titres financiers ou de trésorerie, couvrant 105% des provisions pour démantèlement.
«L’objectif d’EDF Invest est de réallouer à terme environ un quart des actifs cotés vers du non-coté afin de bénéficier de la prime d’illiquidité que peut offrir ce segment, tout en diversifiant le portefeuille d’actifs et en alignant son horizon sur celui, très long, du passif à couvrir», explique Guillaume d’Engremont, managing director d’EDF Invest. La duration des passifs est de l’ordre de 25 ans.
En retirant les 50% au capital de RTE logés chez EDF Invest, et dont la valeur est estimée à 2,5 milliards d’euros, la structure pourra ainsi mobiliser près de 3 milliards d’euros de fonds propres. EDF Invest a récemment concouru aux côtés de Vinci pour la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Le dossier a échappé au duo mais EDF Invest pourrait retenter sa chance pour les autres aéroports régionaux. «Nous nous intéressons, au travers de consortiums ou de partenariats, à des actifs pouvant valoir jusqu'à 2 à 3 milliards d’euros, un niveau relativement élevé sur lequel la concurrence est un peu moins forte», précise Guillaume d’Engremont. L’acquisition du réseau de gaz TIGF à Total en 2013 a ainsi été menée avec l’italien Snam et le singapourien GIC. Depuis, Predica a rejoint le trio. Le schéma a été dupliqué pour l’acquisition à l’automne 2014 du loueur de trains britannique Porterbrook.
EDF Invest vise également des actifs immobiliers. Un accord a été conclu dans ce domaine avec Amundi. «Nous sommes ouverts à d’autres partenariats de ce type, avec des assureurs ou des banques», indique Guillaume d’Engremont. Enfin, EDF Invest pourra investir dans des fonds en tant que limited partner, pour une part qui ne dépassera pas 2% à 3% de son portefeuille. Au total, EDF Invest vise un TRI de l’ordre de 10%, à l’image de ce que peut proposer un fonds d’infrastructure comme Macquarie.
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