EDF encaisse le surcoût du chantier de l’EPR de Flamanville
Le réacteur nucléaire EPR Flamanville 3 en cours de construction dans la Manche commencera au mieux à produire de l'électricité au quatrième trimestre 2018, soit avec un an de retard par rapport au précédent calendrier qui avait déjà été modifié à plusieurs reprises. Après avoir passé en revue l’ensemble du chantier, EDF évalue désormais le coût de la construction à 10,5 milliards d’euros, soit 2 milliards de plus que la précédente estimation. Lors de son lancement en 2004, le coût de l’EPR de Flamanville était estimé à 3,3 milliards d’euros. Ces nouveaux délais visent notamment à répondre à des difficultés rencontrées lors de la construction, sur la cuve du réacteur, sur les soudures du circuit primaire principal et sur la qualification des soupapes du pressuriseur.
Lors d’une conférence de presse, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a assuré que malgré ces nouveaux retards et surcoûts «Flamanville 3 est à notre portée», rappelant que le chantier est «un enjeu vital pour EDF». Cette tête de série servira de base au déploiement des autres EPR en France et à l'étranger, notamment en Grande-Bretagne où EDF a gagné un contrat pour la construction de deux EPR sur le modèle de Flamanville 3. EDF a profité de ce passage en revue pour remettre à plat l’organisation et la direction du chantier, afin de resserrer la chaîne de commandement et éviter de nouveaux dérapages. Les contrats avec les principaux fournisseurs, dont Areva, ont été amendés avec la mise en place d'éléments incitatifs (système de bonus-malus).
Malgré le surcoût, Thomas Piquemal, le directeur financier d’EDF, a réaffirmé l’objectif d’atteindre un cash-flow libre positif en 2018. Les actionnaires sont plus dubitatifs. Plus forte baisse du CAC 40 à la mi-journée, le cours de l’action EDF perd 3,96% à 17,97 euros.
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