EDF dévoile ses ambitions de « croissance rentable » à moyen terme
Assurer à EDF une «croissance rentable» au cours des prochaines années, tel a été vendredi le leitmotiv de son PDG Henri Proglio a l’occasion de la présentation de résultats semestriels solides. Le chiffre d’affaires et l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ont enregistré une hausse organique de 2,7 et 6,2%. Un pari qui s’est traduit en chiffres par la publication pour la première fois d’objectifs financiers à moyen terme, ceux de 2011 ayant été confirmés.
Le groupe vise ainsi d’ici à 2015, à périmètre et change constants et «hors impact potentiel consécutif à Fukushima», une croissance annuelle moyenne de l’Ebitda de 4 à 6% et de 5 à 10% du résultat net courant. Ainsi qu’un endettement net (29,2 milliards d’euros au 30 juin) représentant moins de 2,5 fois l’Ebitda. Ce dernier objectif pour 2011 est confirmé avec un multiple de 2,1 à 2,3 intégrant 0,1 point d’impact du rachat des minoritaires d’EDF Energies Nouvelles, dont le coût total s’élève à 1,5 milliard.
Le plan de marche du groupe passe par un programme d’efficacité visant des gains de 2,5 milliards d’euros d’ici à 2015 par rapport à 2010 (dont la moitié sur l’optimisation des achats) ou par la mise en œuvre de critères d’investissements plus exigeants. Le volume d’investissements va croître pour s’élever entre 13 et 15 milliards en 2015 contre 11,0 à 11,5 en 2011.
Henri Proglio se targue certes déjà d’avoir, après dix-huit mois de présidence, respecté ses ambitions sur quatre fronts stratégiques. A savoir, l’amélioration de la performance opérationnelle, avec notamment l’augmentation de la production nucléaire en France et au Royaume-Uni sur le semestre écoulé en dépit d’un «contexte troublé», et le désendettement du groupe. Mais aussi la défense de ses intérêts dans le cadre de la loi Nome, le PDG répétant qu’il serait «logique» que le prix de vente de l’électricité à ses rivaux atteigne 46 euros le mégawattheure en 2015 contre 40 aujourd’hui et 42 au 1er janvier prochain. Et enfin, la gestion des partenariats à l’étranger, particulièrement en Allemagne ou aux Etats-Unis.
Sur ce dernier point reste à régler l’épineux dossier italien. Henri Proglio a rappelé l’«ambition forte» de son groupe pour Edison, dont il négocie avec A2A la prise de contrôle modifiant un pacte d’actionnaires valable, pour l’heure, jusqu’au 15 septembre. «Nous sommes dans une situation d’incertitude», a reconnu le dirigeant.
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