EDF compte faire plus de place à la dette hybride dans son bilan
L’émission de dette hybride record d’EDF de 6,2 milliards d’euros réalisée la semaine dernière n’est pas un coup d’essai. Le producteur d’électricité souhaite faire de ce mode de financement une alternative, partielle, à ses titres obligataires seniors dont 46 milliards d’euros sont actuellement en circulation. «D’ici 4 ou 5 ans, nous pourrions disposer d’une tranche de 10 à 12 milliards d’euros de dette hybride dans notre bilan, en fonction de nos besoins et des conditions de marché», indique à L’Agefi, Stéphane Tortajada, directeur du financement et des investissements d’EDF. Compte tenu de la taille de son émission inaugurale, le groupe ne devrait pas revenir sur le marché de la dette hybride cette année.
«A la différence des sociétés financières, les entreprises corporates ont encore des structures de bilan assez simples. Or, nous estimons qu’entre le capital et la dette senior, les titres subordonnés ont leur place», estime Stéphane Tortajada. Plus fréquemment utilisés dans le passé par les émetteurs notamment pour renforcer leur notation auprès des agences, qui les reclassent pour moitié comme du capital jusqu'à l’exercice de l’option de remboursement, les titres subordonnés offrent également plusieurs avantages aux groupes mieux notés. «Ils sont considérés comme des fonds propres selon les normes comptables IFRS et ils présentent donc l’avantage de ne pas peser sur le compte de résultats. De plus, avec un rendement de l’action EDF de l’ordre de 8%, cela permet de créer des fonds propres à un coût quasiment deux fois moindre», décrypte Stéphane Tortajada.
Malgré une composante fonds propre longue, de 10,5 ans, durée inédite pour ce type d'émission, le coût de la dette n’est pas prohibitif: le coupon moyen s’élève à 5,25% mais tombe à 3,7% après impôts.
Enfin, les instruments hybrides correspondent bien enfin au modèle capitalistique d’EDF. « Notre objectif était d’une part d’obtenir une maturité progressive, afin de ne pas créer de pic de refinancement. D’autre part, nous voulions atteindre la composante fonds propres la plus longue possible, afin de faire coïncider le financement avec les durées de développement et de construction de nouveaux projets, le temps que ceux-ci génèrent de l’Ebitda», explique Stéphane Tortajada.
Pour cette raison, la dette hybride est d’ailleurs fréquemment employée par les utilities, aux activités régulées mais consommatrices de capitaux.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?