EDF compte faire plus de place à la dette hybride dans son bilan

Conforté par le succès de l'émission de 6,2 milliards d’euros de la semaine dernière, le groupe envisage de doubler la part d’hybride d’ici 4 à 5 ans
Olivier Pinaud

L’émission de dette hybride record d’EDF de 6,2 milliards d’euros réalisée la semaine dernière n’est pas un coup d’essai. Le producteur d’électricité souhaite faire de ce mode de financement une alternative, partielle, à ses titres obligataires seniors dont 46 milliards d’euros sont actuellement en circulation. «D’ici 4 ou 5 ans, nous pourrions disposer d’une tranche de 10 à 12 milliards d’euros de dette hybride dans notre bilan, en fonction de nos besoins et des conditions de marché», indique à L’Agefi, Stéphane Tortajada, directeur du financement et des investissements d’EDF. Compte tenu de la taille de son émission inaugurale, le groupe ne devrait pas revenir sur le marché de la dette hybride cette année.

«A la différence des sociétés financières, les entreprises corporates ont encore des structures de bilan assez simples. Or, nous estimons qu’entre le capital et la dette senior, les titres subordonnés ont leur place», estime Stéphane Tortajada. Plus fréquemment utilisés dans le passé par les émetteurs notamment pour renforcer leur notation auprès des agences, qui les reclassent pour moitié comme du capital jusqu'à l’exercice de l’option de remboursement, les titres subordonnés offrent également plusieurs avantages aux groupes mieux notés. «Ils sont considérés comme des fonds propres selon les normes comptables IFRS et ils présentent donc l’avantage de ne pas peser sur le compte de résultats. De plus, avec un rendement de l’action EDF de l’ordre de 8%, cela permet de créer des fonds propres à un coût quasiment deux fois moindre», décrypte Stéphane Tortajada.

Malgré une composante fonds propre longue, de 10,5 ans, durée inédite pour ce type d'émission, le coût de la dette n’est pas prohibitif: le coupon moyen s’élève à 5,25% mais tombe à 3,7% après impôts.

Enfin, les instruments hybrides correspondent bien enfin au modèle capitalistique d’EDF. « Notre objectif était d’une part d’obtenir une maturité progressive, afin de ne pas créer de pic de refinancement. D’autre part, nous voulions atteindre la composante fonds propres la plus longue possible, afin de faire coïncider le financement avec les durées de développement et de construction de nouveaux projets, le temps que ceux-ci génèrent de l’Ebitda», explique Stéphane Tortajada.

Pour cette raison, la dette hybride est d’ailleurs fréquemment employée par les utilities, aux activités régulées mais consommatrices de capitaux.

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