EDF choisit une émission en livre sterling pour préparer son renforcement en Grande-Bretagne

En plus d’allonger la maturité, ce placement obligataire à 30 ans permet de mieux adosser la dette du groupe à l’évolution de ses actifs
Yves-Marc Le Reour

Alors que son dernier placement obligataire avait été réalisé en euros en novembre 2010, EDF vient d’émettre en livre sterling pour rallonger la maturité de sa dette. «Le marché britannique des capitaux a des fonds de pension actifs qui le rendent plus liquide que celui de la zone euro pour des émissions à maturités longues, même dans des périodes agitées», indique à l’Agefi Stéphane Tortajada, directeur financements et investissements d’EDF.

EDF a également profité du relèvement d’un cran de sa notation par S&P en juillet dernier (de A+ à AA-) pour obtenir des conditions favorables. L’émission de 1,25 milliard de livres à échéance 2041 est assortie d’un coupon annuel de 5,5%, soit «le plus bas niveau historique pour une émission corporate à 30 ans au Royaume-Uni», avec un coût moyen de la dette inchangé à 4,2%.

Sur une dette financière brute de 49 milliards d’euros à fin juin, près de 90% était d’origine obligataire, le reste étant constitué de lignes bancaires tirées émanant principalement d’Edison et d’EDF Energies Nouvelles. Cette dette était libellée à hauteur de 55% en euros, 28% en livres, 10% en dollars et le solde dans d’autres devises, la part en sterling devant atteindre 30% à l’issue de cette opération. La maturité moyenne de la dette brute passera à 9,1 ans contre 8,6 ans fin 2010, avec des échéances de remboursement significatives en 2013 (4,5 milliards d’euros) et 2014 (6 milliards).

Cette émission obéit également à une stratégie financière visant à adosser les passifs à long terme du groupe à l’évolution des actifs détenus outre-Manche. «Sur un excédent brut d’exploitation consolidé (Ebitda) de 14,5 milliards d’euros, environ 12% provient de nos activités au Royaume-Uni. Cette proportion est destinée à augmenter grâce aux investissements dans la production d’énergie décarbonée, comme les énergies renouvelables, et à terme les projets dans le nouveau nucléaire», relève Stéphane Tortajada.

Si le rachat par le Bade-Wurtemberg des 45% d’EDF dans EnBW a été jugé illégal par la cour constitutionnelle de ce Land la semaine dernière, cela ne remet pas en cause la transaction qui a eu un impact positif de 7,1 milliards d’euros sur l’endettement du groupe au premier semestre. Sa dette nette de 29,2 milliards d’euros correspondait alors à 2 fois son Ebitda et EDF vise toujours un ratio compris entre 2,1 et 2,3 fois à fin décembre 2011.

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