Edcon prépare ses créanciers obligataires à prendre leurs pertes
Le Vivarte sud-africain paie toujours son LBO de 2007. Edcon, racheté par Bain Capital au début de la crise financière et étouffé depuis par le poids de sa dette, a demandé la semaine dernière à ses créanciers obligataires en euros de prendre leurs pertes. La première enseigne d’habillement d’Afrique du Sud leur propose d’échanger leurs 425 millions d’euros d’obligations 2019 contre de nouveaux titres, avec une décote. Il devait à l’origine leur verser un coupon de 28 millions d’euros le 30 juin. Cette décision a conduit l’agence Moddy’s à dégrader de «Caa3» à «Ca» la note des titres. Elle considérera l’offre d’échange comme un défaut.
Les porteurs des obligations 2019 auront le choix entre deux options: obtenir, à hauteur de 40% du nominal, de nouvelles obligations super senior de type payment-in-kind (PIK), ou bien pour 15% de PIK super senior, 15% de PIK senior secured, et jusqu’à 30% d’options sur actions (warrants). Les titres PIK permettent à l’emprunteur de rembourser ses intérêts sous forme de nouvelle dette et donc d’éviter de sortir du cash. S’ils se décident avant le 14 juillet, les créanciers toucheront une prime en numéraire de 50 euros.
L’offre expire le 28 juillet. Si elle est approuvée à plus de 90%, Edcon estime que le nominal des obligations sera réduit de 73% et que leur coût tombera de 13,375% à moins de 5%. Après l’annonce de l’offre d’échange, le prix des titres 2019 est passé de 22,5 cents à 37 cents sur le pair, la décote n’étant pas aussi importante que celle qu’anticipait le marché.
Reste à savoir si cette manœuvre suffira à tirer Edcon d’affaire. Conseillé par Goldman Sachs et Houlihan Lokey pour sa restructuration financière, le distributeur porte au total une dette bancaire et obligataire équivalente à 1,67 milliard d’euros, libellée en dollars, euros et rand sud-africain, et remboursable entre 2016 et 2019. Il a notamment émis deux autres lignes en euros, de 317 et 300 millions, de coupon 9,5%, dues en 2018.
Racheté pour 25 milliards de rands (1,8 milliard d’euros), le propriétaire des enseignes Edgars et Jet souffre du ralentissement des dépenses de la consommation en Afrique du Sud. Il a publié 12 trimestres consécutifs de pertes. Son directeur général, Jurgen Schreiber, quittera le navire le mois prochain.
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