EADS passe un test important d’indépendance vis-à-vis des Etats actionnaires
Les accords de décembre 2012 concernant la réorganisation de la gouvernance d’EADS passent l’épreuve du feu. En cause, la composition du conseil d’administration devant être approuvée par les actionnaires en assemblée générale en mars. Si l’objectif des récents accords est d’assurer l’indépendance du groupe d’aéronautique et de défense vis-à-vis des Etats allemand et français actionnaires, les négociations vont bon train en coulisses. Angela Merkel et François Hollande auraient de source gouvernementale française citée par Reuters évoqué le sujet en marge du cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée.
Hier soir, le ministère de l’Economie a indiqué que le PDG d’EADS Tom Enders avait proposé à Paris, en l’occurrence à l’Agence des participations de l’Etat (APE), la nomination en tant qu’administrateurs de la holding de défense prévue par les accords les noms de l’ancienne présidente du directoire d’Areva Anne Lauvergeon, de l’ancien président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et de l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre, le général Bernard Thorette. Bercy précise devoir répondre positivement dans les prochains jours à ces propositions. Deux noms seront proposés au comité des nominations puis à l’assemblée des actionnaires.
D’autres personnalités avaient été pressenties pour figurer au conseil, notamment les anciens patrons de Saint-Gobain Jean-Louis Beffa, d’Air France Bernard Attali, de Thales Denis Ranque, et l’actuel dirigeant d’Alcatel-Lucent Philippe Camus. Le gouvernement ne souhaite pas selon Reuters voir ce dernier quitter son poste au regard des difficultés actuelles du groupe. De sources proches évoquées par le Wall Street Journal, Berlin aurait de son côté porté son choix pour représenter les intérêts allemands sur Manfred Bischoff, président du directoire de Daimler et ancien co-président d’EADS, et sur l’ancien représentant des industriels allemands Hans-Peter Keitel.
Les services du Premier ministre Jean-Marc Ayrault ont en outre confirmé à Reuters que le gouvernement était «très favorable» à la nomination d’Anne Lauvergeon à la présidence non-exécutive du conseil d’administration, un poste actuellement occupé par Arnaud Lagardère.
EADS n’a pas souhaité réagir hier sur le sujet de la composition du conseil, tout en rappelant que Tom Enders détenait le pouvoir de proposition. «Ce n’est pas l’Etat français qui décide, c’est Tom Enders et il va falloir que les Etats actionnaires le comprennent» indiquait à Reuters une source proche de la direction d’EADS.
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