Deutsche Telekom a gros à perdre en cas d’échec avec AT&T sur T-Mobile USA

L’américain a provisionné 4 milliards de dollars pour couvrir les charges d’une possible rupture. Mais l’allemand garderait une filiale en perte de vitesse
Olivier Pinaud

Pour AT&T, le coup est rude: 3 milliards de dollars en cash et une provision d’un milliard pour couvrir la rétrocession d’une partie de ses fréquences à Deutsche Telekom. Mais pour l’opérateur allemand, l’échec de plus en probable du projet de cession de sa filiale T-Mobile USA au numéro deux américain des télécoms serait encore plus pénalisant. Avec 10,7 milliards de dollars dans ses caisses à fin septembre 2011, AT&T a en effet les moyens de payer les charges de rupture, sans compter qu’il économisera les 39 milliards de dollars qu’il devait payer à Deutsche Telekom. En revanche, le groupe allemand se retrouverait avec une filiale en perte constante de vitesse sur les bras. Le chiffre d’affaires du numéro quatre du mobile derrière Verizon Wireless, AT&T et Sprint-Nextel a encore baissé de 11% au troisième trimestre.

Pour l’instant, rien n’est perdu. Les deux opérateurs ont retiré leur dossier d’autorisation auprès de la Federal Communications Commission, qui avait déjà fait part de son opposition, afin de se concentrer sur la procédure administrative ouverte par le département de la Justice. Ils se disent déterminés à mener à bien leur projet. Mais l’affaire, qui sera jugée à partir de février 2012, est mal engagée. En se saisissant du sujet en août dernier, la justice américaine a clairement révélé ses craintes sur les conséquences qu’aurait le rapprochement entre les numéros deux et quatre de la téléphonie mobile.

D’ici là, les deux opérateurs pourraient être tentés d’amender leur projet. Une cession d’une partie des actifs repris, principalement des licences, pourrait être proposée aux autorités. Moody’s évoque le chiffre de 25% de la valeur totale de l’opération. Mais l’agence rappelle que cela pourrait réduire une grande partie de l’intérêt du rachat pour AT&T, principalement motivé par les capacités de réseau supplémentaires que lui offrait T-Mobile USA.

Si ce schéma est refusé, les deux groupes pourraient limiter les dégâts en signant un accord de partage de leur réseau. Selon Moody’s, la mise à niveau des équipements de T-Mobile USA nécessiterait 5 milliards de dollars d’investissements. Une somme que le groupe allemand n’a pas forcément l’intention de miser seul, alors que les 28,5 milliards de dollars dépensés il y a dix ans par Deutsche Telekom pour racheter l’ancien VoiceStream n’ont jamais offert le retour escompté. Si le partage échoue, Deutsche Telekom serait contraint de chercher un autre partenaire.

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