Deutsche Telekom a gros à perdre en cas d’échec avec AT&T sur T-Mobile USA
Pour AT&T, le coup est rude: 3 milliards de dollars en cash et une provision d’un milliard pour couvrir la rétrocession d’une partie de ses fréquences à Deutsche Telekom. Mais pour l’opérateur allemand, l’échec de plus en probable du projet de cession de sa filiale T-Mobile USA au numéro deux américain des télécoms serait encore plus pénalisant. Avec 10,7 milliards de dollars dans ses caisses à fin septembre 2011, AT&T a en effet les moyens de payer les charges de rupture, sans compter qu’il économisera les 39 milliards de dollars qu’il devait payer à Deutsche Telekom. En revanche, le groupe allemand se retrouverait avec une filiale en perte constante de vitesse sur les bras. Le chiffre d’affaires du numéro quatre du mobile derrière Verizon Wireless, AT&T et Sprint-Nextel a encore baissé de 11% au troisième trimestre.
Pour l’instant, rien n’est perdu. Les deux opérateurs ont retiré leur dossier d’autorisation auprès de la Federal Communications Commission, qui avait déjà fait part de son opposition, afin de se concentrer sur la procédure administrative ouverte par le département de la Justice. Ils se disent déterminés à mener à bien leur projet. Mais l’affaire, qui sera jugée à partir de février 2012, est mal engagée. En se saisissant du sujet en août dernier, la justice américaine a clairement révélé ses craintes sur les conséquences qu’aurait le rapprochement entre les numéros deux et quatre de la téléphonie mobile.
D’ici là, les deux opérateurs pourraient être tentés d’amender leur projet. Une cession d’une partie des actifs repris, principalement des licences, pourrait être proposée aux autorités. Moody’s évoque le chiffre de 25% de la valeur totale de l’opération. Mais l’agence rappelle que cela pourrait réduire une grande partie de l’intérêt du rachat pour AT&T, principalement motivé par les capacités de réseau supplémentaires que lui offrait T-Mobile USA.
Si ce schéma est refusé, les deux groupes pourraient limiter les dégâts en signant un accord de partage de leur réseau. Selon Moody’s, la mise à niveau des équipements de T-Mobile USA nécessiterait 5 milliards de dollars d’investissements. Une somme que le groupe allemand n’a pas forcément l’intention de miser seul, alors que les 28,5 milliards de dollars dépensés il y a dix ans par Deutsche Telekom pour racheter l’ancien VoiceStream n’ont jamais offert le retour escompté. Si le partage échoue, Deutsche Telekom serait contraint de chercher un autre partenaire.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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