Des cessions s’imposent de plus en plus pour enrayer la chute de Lagardère

Le cours de Bourse a perdu 16 % en deux jours, menaçant un peu plus la situation financière personnelle d’Arnaud Lagardère
Olivier Pinaud

L’avertissement lancé la semaine dernière par Lagardère est arrivé au pire moment pour le groupe de médias. Sa capacité à battre régulièrement ses prévisions constituait l’une des (dernières) qualités vantées par les analystes. La dégringolade de 16% de l’action en deux jours démontre la perte de confiance du marché. Selon Oddo, Lagardère est valorisé à un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 4,2 fois, deux fois moins que le secteur des médias.

Longtemps, les optimistes se sont appuyés sur cette décote pour justifier leur soutien à la valeur. Après l’avertissement et la perspective d’un retour aux actionnaires plus tardif qu’espéré alors que la vente des 20% dans Canal + France traîne en longueur, «Lagardère devra certainement devenir encore moins cher qu’il ne l’a jamais été pour faire de la sous-valorisation un bon argument», craignent les analystes de Barclays. Ils rappellent que le multiple VE/Ebitda est descendu en 2008 jusqu’à 3,2 fois. A ce niveau, la valeur d’entreprise de Lagardère tomberait à 2 milliards d’euros, soit 25% de moins qu’actuellement.

La situation devient donc de plus en plus urgente pour Arnaud Lagardère, dont la stratégie est contestée publiquement et en privé, et dont la situation financière personnelle dépend de l’évolution du cours de Bourse. Il détient en effet 9,29% du capital de la société fondée par son père via la holding Lagardère Capital & Management. Or, cette participation, constituée pour moitié en 2005 et en 2007, a été financée par un crédit nanti sur ses actions Lagardère. Selon Exane BNP Paribas, la dette de la holding s’élèverait encore à 180 millions d’euros. En face, les 12,18 millions d’actions Lagardère en portefeuille valent 242 millions d’euros, soit une situation nette encore positive. Néanmoins, si les dividendes financent les charges financières, les analystes d’Exane BNP Paribas doutent qu’ils suffisent à rembourser la totalité du capital.

D’où la nécessité de procéder à des cessions d’actifs pour redistribuer du cash aux actionnaires de Lagardère. La vente des 20% dans Canal+ France pourrait ne pas intervenir avant 2012. Celle des 7,5% détenus indirectement dans EADS est programmée pour fin 2012 voire 2013. Restent quelques participations non stratégiques (Marie-Claire, Amaury, Le Monde Interactif, T-Online, Viel & Cie…), pour certaines déjà mis en vente ces dernières années, mais en vain. Au total, elles représentent un réservoir de l’ordre de 400 millions d’euros.

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