Des cessions s’imposent de plus en plus pour enrayer la chute de Lagardère
L’avertissement lancé la semaine dernière par Lagardère est arrivé au pire moment pour le groupe de médias. Sa capacité à battre régulièrement ses prévisions constituait l’une des (dernières) qualités vantées par les analystes. La dégringolade de 16% de l’action en deux jours démontre la perte de confiance du marché. Selon Oddo, Lagardère est valorisé à un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 4,2 fois, deux fois moins que le secteur des médias.
Longtemps, les optimistes se sont appuyés sur cette décote pour justifier leur soutien à la valeur. Après l’avertissement et la perspective d’un retour aux actionnaires plus tardif qu’espéré alors que la vente des 20% dans Canal + France traîne en longueur, «Lagardère devra certainement devenir encore moins cher qu’il ne l’a jamais été pour faire de la sous-valorisation un bon argument», craignent les analystes de Barclays. Ils rappellent que le multiple VE/Ebitda est descendu en 2008 jusqu’à 3,2 fois. A ce niveau, la valeur d’entreprise de Lagardère tomberait à 2 milliards d’euros, soit 25% de moins qu’actuellement.
La situation devient donc de plus en plus urgente pour Arnaud Lagardère, dont la stratégie est contestée publiquement et en privé, et dont la situation financière personnelle dépend de l’évolution du cours de Bourse. Il détient en effet 9,29% du capital de la société fondée par son père via la holding Lagardère Capital & Management. Or, cette participation, constituée pour moitié en 2005 et en 2007, a été financée par un crédit nanti sur ses actions Lagardère. Selon Exane BNP Paribas, la dette de la holding s’élèverait encore à 180 millions d’euros. En face, les 12,18 millions d’actions Lagardère en portefeuille valent 242 millions d’euros, soit une situation nette encore positive. Néanmoins, si les dividendes financent les charges financières, les analystes d’Exane BNP Paribas doutent qu’ils suffisent à rembourser la totalité du capital.
D’où la nécessité de procéder à des cessions d’actifs pour redistribuer du cash aux actionnaires de Lagardère. La vente des 20% dans Canal+ France pourrait ne pas intervenir avant 2012. Celle des 7,5% détenus indirectement dans EADS est programmée pour fin 2012 voire 2013. Restent quelques participations non stratégiques (Marie-Claire, Amaury, Le Monde Interactif, T-Online, Viel & Cie…), pour certaines déjà mis en vente ces dernières années, mais en vain. Au total, elles représentent un réservoir de l’ordre de 400 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
La MACSF tire partie du goût pour l'épargne de ses sociétaires
L’assureur mutualiste qui se développe auprès des professions de santé a vu son chiffre d’affaires progresser de 12,6% à 3,4 milliards d’euros, porté par l’assurance vie. Le résultat net recule sous le poids de la surtaxe d’IS. -
Le pétrole tombe à 90 dollars après des annonces iraniennes
Le cours de l’or noir a subitement plongé de plus de 6% vendredi après-midi après que des responsables iraniens ont annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz. Les marchés actions en profitent largement. -
Après Ormuz, le détroit de Malacca s’impose comme un passage encore plus stratégique
L’accord de défense entre les Etats-Unis et l’Indonésie, annoncé au moment où Donald Trump imposait son blocus à Ormuz, a renforcé les craintes de tensions géopolitiques en Asie, autour du détroit de Malacca entre la mer de Chine et l'océan Indien.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat